BILL CLINTON, LA PAIX ET LA PAUVRETÉ

Publié le par oscar fortin

 

 

 

 

Photo: Jacques Nadeau  "Les États-Unis ont dépensé 400 milliards pour la guerre en Irak et 100 millions pour la guerre en Afghanistan. [...] Si les États-Unis voulaient éradiquer la tuberculose, éliminer la pauvreté des enfants d'ici dix à quinze ans et envoyer tous les enfants du monde à l'école, il leur en coûterait probablement 30 milliards par année», a déclaré hier l'ancien président américain Bill Clinton 

 

C’est dans le cadre de la rencontre sur les « Promesses du millénaire - Il faut vaincre la pauvreté pour vivre dans un monde en paix », tenue à Montréal les 7 et 8 novembre dernier, que l’ex Président des Etats-Unis a fait cette déclaration que l’on retrouve à la Une du journal  Le Devoir du 10 novembre 2006. (http://www.ledevoir.com/ 

 

Devant autant de bonne volonté je voudrais suggérer à M. Clinton et aux autorités étasuniennes quelques pistes qui pourraient leur permettre de faire beaucoup plus d’économies tout en favorisant davantage la paix et la lutte à la pauvreté

 

1.     ENCOURAGER LES PAYS PAUVRES À GÉRER EUX-MÊMES LEURS RICHESSES  

 

Nous assistons de plus en plus à des initiatives de pays sous-développés qui reprennent en main leurs richesses. Pour les uns ce sera l’énergie, pour d’autres des minerais, des terres agricoles riches en cultures de toute sorte, des élevages des plus diversifiés, des rivières gonflées de poissons et d’énergie, de la main d’œuvre abondante etc. Le « hic » c’est que les multinationales et les oligarchies locales de connivence avec ces dernières, habituées de se servir eux-mêmes et à leurs conditions, ne l’entendent pas ainsi. Ils résistent à ces initiatives et trouvent auprès de leurs gouvernements étasuniens et européens, les appuis qui se font les plus dissuasifs possibles. Les assassinats, les coups d’État militaires, les sabotages, les élections tronquées, les emprisonnements et les tortures, la manipulation de l’opinion publique par le contrôle des médias, rien n’est laissé de côté pour mettre un terme à ces velléités nationales. Il suffit de penser au Guatemala, à Cuba, à la République Dominicaine, au Chili, au Brésil et à l’Argentine dans les années 1960 et 1970, au Nicaragua au début des années 1980, et tout récemment au Venezuela,  à la Bolivie et d’une certaine manière au Mexique. Tout a été mis en œuvre pour dire non. Ces velléités, pourtant tout à fait conformes au DROIT INTERNATIONAL, sont perçues comme des atteintes aux intérêts nationaux des pays développés et leurs interventions, de toute nature, servent à maintenir dans la dépendance et la pauvreté ces pays dont la richesse alimente les besoins de leurs industries et de leur commerce. C’est ainsi qu’au nom de l’intérêt national des « nantis », ces biens doivent leur revenir et cela à leurs conditions. 

 

UN PREMIER PAS CONSISTERAIT DONC À LAISSER LES PAYS SOUS-DÉVELOPPÉS SE RÉAPPROPRIER LEURS RICHESSES ET EN DISPOSER SELON LEURS INTÉRÊTS ET LEURS BESOINS. QUE LES MULTINATIONALES ET LES OLIGARCHIES LOCALES S’AJUSTENT À CES NOUVELLES RÈGLES DU MARCHÉ ET QUE LEURS GOUVERNEMENTS PARRAINS LES Y ENCOURAGENT EN CONVERTISSANT LEURS ARMEMENTS EN SUPPORT TECHNIQUE, EN NOUVELLES MANIÈRES DE FAIRE ET DE NÉGOCIER SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE.  

 

2.     FAIRE DE LA DÉMOCRATIE UN VÉRITABLE POUVOIR DU PEUPLE  

 

Lorsque des élections, comme celles qui viennent de prendre fin aux Etats-Unis, ont coûté jusqu’à un milliard de dollars US pour un seul parti politique, il faut se poser certaines questions. Cet argent est-il voulu pour informer ou manipuler, pour éveiller ou  endormir, pour éclairer ou tromper ? Ne pourrait-on pas dire que dans bien des cas la DÉMOCRATIE EST INVERSEMENT PROPORTIONNELLE AUX SOMMES D’ARGENT INVESTIES POUR LA PROMOUVOIR.  En langage simple, plus il y a de la l’argent, moins il y a de la démocratie. Cette dernière n’est-elle pas l’exercice responsable d’une volonté sociale, économique et politique du peuple ? Or, en dépit de ces centaines de millions investis, plus de 50% du peuple ne se donnent même pas la peine d’aller voter. Avec un peu moins de tout cet argent mis dans la publicité et la manipulation, il y aurait des investissements mieux ciblés qui encourageraient une plus grande participation de la population. La DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE qui fait tellement peur aux apôtres de la DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE n’est-elle pas celle qui est le plus près du POUVOIR DU PEUPLE PAR LE PEUPLE que le petit Larousse définit pourtant par le mot DÉMOCRATIE ?  

 

AU LIEU DE COMBATTRE LES DÉMOCRATIES PARTICIPATIVES QUI S’ORGANISENT EN AMÉRIQUE LATINE ET SANS DOUTE DANS D’AUTRES PARTIES DU MONDE, IL FAUDRAIT PLUTÔT S’EN INSPIRER POUR CONVERTIR NOS DÉMOCRATIES DE LOBBYS ET DE CLANS EN DE VÉRITABLES DÉMOCRATIES OÙ LE PEUPLE A SON MOT À DIRE PAR SES MULTIPLES ORGANISATIONS ET REGROUPEMENTS.  

 

CONCLUSION  

 

Il est possible, si les puissances des pays développés prennent le tournant auquel l’histoire les convie, que les 30 MILLIARD $US invoqués par M. Clinton ne soient plus nécessaires pour répondre aux besoins en santé, en éducation et en développement des populations des pays sous-développés. Si nous les respectons et les encourageons à se prendre en main avec leurs richesses, ils trouveront bien le moyen d’avoir suffisamment de ressources pour y pourvoir eux-mêmes. C’est ce que fait actuellement Cuba en dépit du blocus, le Venezuela malgré les tentatives de déstabilisation et la Bolivie avec sa réorganisation sociale, politique et économique. Les armes seront de moins nécessaires pour coopérer avec ces peuples. LA CHARITÉ EXPRIMÉE PAR NOS PAYS NANTIS AURA TROUVÉ UN NOUVEAU NOM EN CELUI DE LA JUSTICE EXIGÉE PAR LES PAYS PAUVRES.  

 

Oscar Fortin, politologue et théologien  

 

10/11/06  

 

http://humanisme.over-blog.com  

 http://humanisme.blogspot.com    

 

articles à consulter :   

http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=36638  

 

http://www.alterinfo.net/index.php?action=article&numero=4366&preaction=nl&id=&idnl=15939&   

 

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