Mardi 7 juillet 2009

 


Le 29 juin 2009, la Secrétaire d’État des États-Unis, Mme Hillary Clinton, a eu, entre autres commentaires, celui-ci :

« Quand je parle d’appuyer le travail de l’OEA, il s’agit de travailler avec les parties au Honduras de manière que toutes les parties impliquées donnent un pas en arrière et regarde comment leurs institutions démocratiques devraient fonctionner.


De plus, la plus grande préoccupation pour son pays est la décision des auteurs du coup d’État de sortir le président Manuel Zelaya du Honduras après l’avoir enlevé et conduit à une base aérienne de Tegucigalpa, d’où, par la suite il a été transporté au Costa Rica.


Il y a certaines préoccupations quant aux ordres données par des officiers qui n’auraient pas dû être suivis et c’est ce fait d’avoir expulsé le Président qui est notre préoccupation principale en ce moment. (…) L’expulsion d’un Président est cause de grande préoccupation… »


Cette déclaration prend un relief tout particulier à la lumière des déclarations du général Romeo Vaquez Velasquez, rendues publiques par le Président Zelaya, ce 6 juillet 2009. Il aurait avoué à ce dernier que le puissant groupe qui a ordonné le Coup d’État, avait donné des instructions très précises pour l’«assassiner ».


« Zelaya i nforma que le général Romero Vasquez Velasquez, l’officier militaire qui initia le Coup d’État en ordonnant son enlèvement et son transfert au Costa Rica, lui aurait avoué que le groupe qui a pris le pouvoir au Honduras voulait l’assassiner mais que le militaire décida, au dernier moment, de l’envoyer à l’étranger pour empêcher que cela se produise. »


Dans la déclaration de Mme Clinton, il ya deux points qui attirent l’attention. Le premier c’est qu’elle donne une importance plutôt relative au renversement du Président. À ce niveau, bien que renversé, l’important eût été que toutes les parties impliquées fassent des compromis pour permettre aux institutions démocratiques de fonctionner. Le second c’est cette grande préoccupation qui vient du fait que le Président ait été conduit hors du pays. « Il y a des ordres donnés aux officiers qui n’auraient pas dû être suivis. »


Pourquoi, le fait de sortir le Président du pays est plus préoccupant pour la Secrétaire d’État que le fait de l’avoir soustrait par la force de son poste de Président? Comment peut-elle dire que des ordres donnés par des officiers n’auraient pas dû être suivis, se référant explicitement à ceux ordonnant de le sortir du pays? Mais qu’en est-il des ordres donnés pour réaliser le Coup d’État ?


Il est certain qu’à l’extérieur du pays, M. Zelaya pouvait démentir la fausse lettre de démission, être pris en charge par d’autres chefs d’état et permettre des mobilisations régionales et internationales échappant au contrôle des principaux intervenants dans le Coup d’état.  Il pouvait prendre la parole et rectifier l’information transmise par les putschistes. Évidemment, de quoi susciter une grande préoccupation.


Aujourd’hui, 7 juillet 2009, le Président Zelaya, rencontre la Secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton. Elle aura droit à l’explication du pourquoi de la désobéissance de certains officiers qui ont pris la décision de sortir le Président du pays. Je ne doute pas qu’elle les félicitera d’avoir ainsi sauvé la vie de leur Président légitime.

 

Oscar Fortin

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Québec, le 7 juillet 2009

Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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Dimanche 5 juillet 2009

En prenant connaissance de la déclaration du cardinal Maradiaga à l’effet que le retour du Président Zelaya donnerait lieu à un bain de sang et qu’il valait mieux ne pas y aller, j’ai aussitôt pensé à ce passage de l’Évangile dans lequel Pierre s’oppose à ce que Jésus aille à Jérusalem.

 « A dater de ce jour, Jésus commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait s'en aller à Jérusalem, y souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner en disant : " Dieu t'en préserve, Seigneur ! Non, cela ne t'arrivera point ! " Mais lui, se retournant, dit à Pierre : " Passe derrière moi, Satan ! Tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! " Mt.16, 21-23

Ce n’est plus un secret pour personne le fait que la cupule de l’institution ecclésiale est devenue une alliée inconditionnelle de la cupule des oligarchies et de ceux qui la servent. Le cardinal Maradiaga et à travers lui la Conférence épiscopale du Honduras en sont l’illustration la plus parfaite. Autant ils se font silencieux sur l’usage de la force par les militaires pour déloger celui que le peuple a élu Président du Honduras, autant ils se font actifs pour se porter à la défense de la cupule oligarchique qui s’est emparé du pouvoir prétextant une soi disant légitimité. Un véritable travail de pharisiens et d’hypocrites qu’a si fortement dénoncé Celui-là même dont ils se réclament dans la foi.

 
" Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi ; c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela. Guides aveugles, qui arrêtez au filtre le moustique et engloutissez le chameau. " Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui purifiez l'extérieur de la coupe et de l'écuelle, quand l'intérieur en est rempli par rapine et intempérance. " Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et de toute pourriture ; vous de même, au-dehors vous offrez aux yeux des hommes l'apparence de justes, mais au-dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité. » Mt.23, 15-36

Le Président constitutionnel du Honduras a décidé ce matin, 5 juillet 2009, de prendre le chemin du retour dans son pays. Vers les 9h00 du matin, il s’envolera de Washington pour se rendre dans le pays à la tête duquel le peuple hondurien l’a élu. Il part sans arme, accompagné de la Présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez, du Président de l’Équateur, Rafael Correa, ainsi que d’autres représentants de la communauté internationale. S’il y a un bain de sang, ce ne sera pas de la part de ce Président qui se présente, en toute légitimité nationale et internationale, avec un rameau d’olivier pour y retrouver son peuple et le conduire à la paix en le soustrayant à l’emprise des escrocs qui l’ont expulsé du pouvoir, il y a 8 jours, « manu militari ».

 « Au peuple hondurien je dis : n’allez pas utiliser la violence. Nous allons restaurer la paix, l’harmonie entre les honduriens. La mission est pacifique, elle consiste à restaurer l’ordre, la paix et le respect mutuel entre les honduriens. »

Curieusement, au sein de l’OEA, ceux qui font pression pour le non retour du Président sont les alliés traditionnels des États-Unis que plusieurs soupçonnent d’être derrière, non seulement de ce coup d’État mais d’un plan d’ensemble visant le renversement des régimes qui se font les promoteurs de la démocratie participative et du socialisme du XXIème siècle. Ce n’est plus un combat pour la démocratie et la liberté, mais un combat pour le pouvoir entre les oligarchies qui dominent et contrôlent les démocraties représentatives et les peuples qui veulent reprendre le contrôle de leur pouvoir sur les institutions démocratiques.

 Oscar Fortin

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Québec, le 5 juillet 2009

Par oscar fortin - Publié dans : RELIGION
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