MGR ROMERO: UN TÉMOIN D'ÉGLISE POUR NOTRE TEMPS
Ce souvenir de Mgr Romero constitue également un rappel de ces quelques 300 millions de latinos regroupés dans plus ou moins 26 pays et qui vivent au sud de notre développement économique et de notre domination politique. C'est dommage que nos bulletins de nouvelles fassent si peu écho à ces populations qui partagent avec nous l'Amérique faisant d'eux comme de nous des américains. Ce n'est pourtant pas parce qu'il ne s'y passe rien. Bien au contraire. On évoque de plus en plus ce rêve de Bolivar, figure marquante de leur histoire, de voir tout le continent latino regroupé en une grande communauté fédérée. Ce qui se passe dans le Nord et en Europe les rejoints au point que bientôt nous assisterons à la naissance dune nouvelle Amérique latine. À cette marche vers la grande fédération s'ajoutent les changements démocratiques qui portent au pouvoir des gouvernements de plus en plus soucieux de justice sociale et d'indépendance économique. Déjà nous connaissons la situation du Chili, suivie par le Brésil, puis le Venezuela, l'Argentine et tout récemment de l'Uruguay. Pour plusieurs, Cuba demeure un exemple et une référence. Ce sont là des courants sociaux et politiques importants qui méritent d'être suivis pour mieux être compris.
Malheureusement, nous ne disposons que de très peu dinformation indépendante Nous faisons figure de Tiers Monde dans les moyens que nous mettons en uvre pour assurer notre information. Nos sources se résument le plus souvent aux agences de presse, soutenues et souvent téléguidées par Washington. Si encore on se préoccupait de faire figurer dautres agences plus indépendantes, ne serait-ce que pour balancer les points de vues.
Combien de représentants chevronnés ont les medias canadiens pour les alimenter en reportages, analyses, nouvelles qui ne soient pas un "couper coller" d'une seule agence étrangère ou de plusieurs appartenant au même club idéologique? Il serait peut-être temps que nous ouvrions nos portes à des agences de presse qui émanent de ces pays. Nous serions sans doute surpris des ressources disponibles qui combleraient les vides de nos medias visuels et auditifs que nous couvrons actuellement avec les bulletins de météo et la répétition de mêmes nouvelles. Si nous nous alimentons sans trop de critiques à Reportage sans Frontières, pourquoi ne le ferions-nous pas également avec Prensa Latina et d'autres issues du même continent ? Linformation ne sen porterait que mieux.
Notre sens de la liberté et de la démocratie permettrait un meilleur discernement pour comprendre les conflits qui surgissent inévitablement et les responsabilités des différents acteurs en cause. Nous y gagnerions tous en indépendance et respect.
Oscar Fortin