LES MEDIAS ET LES TUERIES :UN CHOIX POLITIQUE
Il y a maintenant plus dune semaine que des personnes, ceinturées de dynamite, ont pris en otage des centaines détudiants et de parents dans une école de Russie. Pour des raisons encore inconnues le tout sest transformé en un bain de sang largement rapporté par les media à travers le monde. Au même moment, des bombardiers de la force doccupation en Irak, munis de bombes à haute puissance explosive, larguaient ces dernières sur des quartiers résidentiels de Bagdad, causant la mort de dizaines de civils et blessant des centaines dautres. Dans un cas comme dans lautre, les victimes sont des humains, enfants et adultes, qui portent la douleur dune violence injustifiée et dont le sang est tout aussi dramatique pour les uns comme pour les autres. La douleur et la souffrance nont ni couleur, ni nationalité, ni religion.
Alors pourquoi certaines cruautés nous sont si crûment présentées pendant que dautres sont à ce point couvertes que nous en venons à penser quelles sont des bénédictions du ciel ? Quelle différence y a-t-il entre un kamikaze ceinturé de dynamite et un bombardier gonflé de bombes incendiaires et mortelles ? Quelle différence y a-t-il entre les victimes innocentes des uns et des autres ? On annonce la décapitation dun travailleur comme un crime barbare en même temps que lon signale que plus de cent personnes ont été tués lors de bombardements dans un quartier résidentiel sans toutefois ajouter lhorreur à de tels massacres. .En tant que citoyen qui croit à la charte des droits de la personne sappliquant du premier au dernier des humains je ne puis demeurer silencieux devant le fait que nous départagions ainsi et à notre convenance les bons assassins des mauvais ainsi que les bonnes victimes des mauvaises victimes. Comme si nous pouvions parler de bons et de mauvais malheurs. Les artisans de linformation, les faiseurs dopinion, les spécialistes de la manipulation et notre manque danalyse critique participent à ce départage. Nous en portons tous la responsabilité.
En Irak, par exemple, on ne parle pas des forces doccupation mais de celles de la coalition. On ne parle pas de la résistance irakienne, mais de terroristes, de délinquants, de fanatiques, dantisociaux. Lorsque lAllemagne a envahi la France dans les années 1940 on parlait vraiment dune force doccupation et les français qui sallièrent à cette force on les appelait des
Alors pourquoi certaines cruautés nous sont si crûment présentées pendant que dautres sont à ce point couvertes que nous en venons à penser quelles sont des bénédictions du ciel ? Quelle différence y a-t-il entre un kamikaze ceinturé de dynamite et un bombardier gonflé de bombes incendiaires et mortelles ? Quelle différence y a-t-il entre les victimes innocentes des uns et des autres ? On annonce la décapitation dun travailleur comme un crime barbare en même temps que lon signale que plus de cent personnes ont été tués lors de bombardements dans un quartier résidentiel sans toutefois ajouter lhorreur à de tels massacres. .En tant que citoyen qui croit à la charte des droits de la personne sappliquant du premier au dernier des humains je ne puis demeurer silencieux devant le fait que nous départagions ainsi et à notre convenance les bons assassins des mauvais ainsi que les bonnes victimes des mauvaises victimes. Comme si nous pouvions parler de bons et de mauvais malheurs. Les artisans de linformation, les faiseurs dopinion, les spécialistes de la manipulation et notre manque danalyse critique participent à ce départage. Nous en portons tous la responsabilité.
En Irak, par exemple, on ne parle pas des forces doccupation mais de celles de la coalition. On ne parle pas de la résistance irakienne, mais de terroristes, de délinquants, de fanatiques, dantisociaux. Lorsque lAllemagne a envahi la France dans les années 1940 on parlait vraiment dune force doccupation et les français qui sallièrent à cette force on les appelait des
«collaborateurs». Nous savons aujourdhui qui étaient les véritables héros. Que penserions-nous des canadiens qui nauraient pas le courage de défendre leur patrie contre tout envahisseur, qui plus est en deviendraient des « collaborateurs » ? Nous les traiterions de traîtres. Ils seraient jugés et condamnés à des peines demprisonnement. Dans certains pays de tels agissements conduisent directement à la peine de mort. Actuellement en Irak, cest linverse qui se produit : le résistant, celui qui lutte contre loccupation est le traître et le « collaborateur » est le bon citoyen fidèle à sa patrie.
Les medias, ceux qui arrivent jusquà nous, reproduisent et entretiennent, à de rares exceptions près, cette perception des choses. La profession de journaliste ressemble de plus en plus et pour un nombre toujours plus croissant à du « couper-coller ». Quelques grandes agences de presse ayant acquis le droit de régner soccupent des messages et du sens à leur donner. Les nouvelles en provenance dautres agences de presse, nayant pas acquis leur droit de noblesse dans ce club sélecte, comme Prensa latina plus près de nous, sont plutôt rares et exceptionnelles. Il y a de linformation que lon préfère taire. Évidemment pour le bien de la population et celui de la démocratie.
Oscar Fortin
Les medias, ceux qui arrivent jusquà nous, reproduisent et entretiennent, à de rares exceptions près, cette perception des choses. La profession de journaliste ressemble de plus en plus et pour un nombre toujours plus croissant à du « couper-coller ». Quelques grandes agences de presse ayant acquis le droit de régner soccupent des messages et du sens à leur donner. Les nouvelles en provenance dautres agences de presse, nayant pas acquis leur droit de noblesse dans ce club sélecte, comme Prensa latina plus près de nous, sont plutôt rares et exceptionnelles. Il y a de linformation que lon préfère taire. Évidemment pour le bien de la population et celui de la démocratie.
Oscar Fortin
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