POLITIQUE

Mardi 22 février 2005 2 22 /02 /2005 00:00

J’ai abandonné depuis maintenant plusieurs années mon militantisme à l’intérieur du Parti Québécois. Je n’en demeure pas moins un indépendantiste qui souhaite ardemment l’avènement d’un Québec souverain ouvert sur le monde et évidemment sur un Canada renouvelé. Le débat actuel sur le leadership au sein du Parti ne me laisse toutefois pas indifférent Pour moi il y a deux Bernard Landry : celui du pouvoir et celui de la cause.

 

LE BERNARD LANDRY DU POUVOIR

 

Ses ambitions le conduisaient à vouloir superviser le commerce international et les relations internationales sans trop d’égard pour ses collègues. À cette époque, j’ai entendu bien des commentaires, pas toujours élogieux, sur ce jeune ministre à la fois intelligent et aux ambitions élevées, peu scrupuleux « du brasse camarade » auquel donnaient lieu ses interventions. Le poste et les fonctions qu’il occupait au sein du Conseil exécutif inspiraient le respect, mais sa personnalité et son exercice du pouvoir en offusquaient plus d’un. Il n’a pas été étranger aux luttes qui s’amorçaient aux changements de leadership : celle de Pierre Marc Johnson en remplacement de René Lévesque, puis celle de Jacques Parizeau en remplacement de Pierre-Marc Johnson. C’est la démission de Lucien Bouchard qui lui aura ouvert toute grande la porte au poste de Premier ministre du Québec.

 

Il a été un Premier ministre décevant pour plusieurs. Le pouvoir l’a évidemment comblé et les occasions d’en imposer ne lui ont pas manqué. En même temps, il a succombé, lui aussi, au piège des privilèges accordés à des amis, de quoi alimenter les rumeurs de scandales qui ont fait la nouvelle des dernières années. La défaite du Parti Québécois aux dernières élections peut s’expliquer en grande partie par la déception quant à la performance de son gouvernement qui se ramenait au niveau de celui de tout autre parti politique. Le goût du pouvoir de ses ministres, habitués aux avantages qui l’accompagnent, en avait faits des personnages coupés de leur base ainsi que des valeurs de ceux et celles qui les y avaient placés. Un temps d’arrêt s’imposait pour revenir aux réalités de la vie et faire un examen de conscience sur la manière d’exercer le pouvoir au service de leurs commettants. Ce fut la défaite électorale et le retour dans l’opposition.

 

Avec un tel portrait comment alors vouloir que ce même Bernard Landry demeure à la tête de ce parti et redevienne éventuellement Premier ministre du Québec? N’y a-t-il pas dans cette description tous les ingrédients pour justifier son remplacement ? De quoi lui souhaiter un retour dans ses terres pour y vieillir dans la paix, laissant à d’autres le soin de poursuivre la route?

 

LE BERNARD LANDRY DE LA CAUSE

 

Je pense sincèrement que le Bernard Landry d’aujourd’hui n’est plus tout à fait le même que celui décrit plus haut. Il y a en lui quelque chose de changé : un vécu personnel qui l’a ramené à beaucoup plus d’humilité, l’expérience d’une défaite électorale qui lui a donné une plus grande maturité politique, l’acquis d’une certaine indépendance personnelle et professionnelle qui lui assure une plus grande liberté pour agir au-delà des ambitions de carrière. Il a compris un certain nombre de choses qui en font plus que tous les autres un candidat libéré des illusions du pouvoir, mieux prémuni des manipulations de son environnement immédiat, plus disposé à donner le meilleur de lui-même au service de la cause qui réunit tous les indépendantistes du Québec. Son expérience, sa maturité politique et humaine, son intelligence et le leadership, libéré des pressions d’un environnement calculateur, en font maintenant un homme tout désigné pour poursuivre un travail qu’il peut, dans les circonstances, assumer mieux que ceux qui ambitionnent le remplacer. Le Bernard Landry suffisant laisse plus de place à un Bernard Landry attentif et à l’écoute. L’homme de pouvoir devient plus déterminé à servir les objectifs pour lesquels le Parti existe, entre autres, l’indépendance du Québec et la sociale démocratie adaptée à la réalité québécoise.

 

Cette perception d’un Bernard Landry transformé sera mise à l’épreuve dans sa manière de gérer la présente crise qui secoue la Parti. Il lui faudra se prémunir contre ses vieux démons. Je crois sincèrement qu’il aurait tout à gagner à ouvrir toute grande les portes à une course à la chefferie. Ce serait pour lui une occasion toute spéciale de faire découvrir à tous les membres du parti et aux Québécois dans leur ensemble l’homme nouveau qu’il est devenu. Ce serait également une opportunité unique d’aller chercher la crédibilité indispensable pour mener à bien la prochaine campagne électorale et le référendum sur l’indépendance du Québec. Il ferait taire toutes les rumeurs d’un homme toujours plus attaché à son poste de Chef qu’à la cause elle-même. Une victoire lui assurerait une crédibilité renouvelée pour aller de l’avant.

 

J’espère que les faits viendront confirmer cette perception d’un Bernard Landry renouvelé et toujours, dans les circonstances, le plus apte à relever les défis des prochaines années.

 

Oscar Fortin

Par Oscar Fortin - Publié dans : POLITIQUE
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Mercredi 23 février 2005 3 23 /02 /2005 00:00

L'Administration Bush vient de vanter haut et fort cette grande victoire de la démocratie en Irak. Le peuple ne vient-il pas, en effet, de prendre la parole, en dépit de conditions très difficiles, pour décider de ses représentants et de ses politiques. Comment se fait-il alors que ce soit l’Administration Bush, le grand défenseur de la démocratie, qui continue de décider pour le peuple irakien? Comment peut-il demander en toute légitimité au Canada d’envoyer des troupes en Irak ? Il n'est mandaté ni par le peuple irakien, ni par le gouvernement élu pour décider de l'envoi de troupes étrangères dans un pays qui n'est pas le sien.

 

Ce serait bien terrible que le Canada se prête à ce type d’ingérence dans les affaires d’un autre pays. Si notre refus d’aller en guerre préventive en Irak a reposé sur notre foi en l’Organisation des Nations Unies et aux principes qui la guide, il doit, me semble-t-il, en être ainsi pour refuser l’envoi de militaires canadiens en Irak, à plus forte raison si cette demande ne vient ni des Nations Unies, ni des représentants récemment élus du pays. À ce que je sache aucun pays membre de l'OTAN n'est actuellement menacé par le peuple irakien. Le respect de cette nouvelle démocratie et du droit international ne doivent-ils pas devenir la référence première de toute initiative canadienne sur ce territoire souverain.

 

Pourquoi ne pas faire de cette question de la guerre et de l’intervention militaire en Irak, comme en tout autre endroit, une question référendaire qui serait inscrite sur le prochain bulletin de vote des élections à venir? Le gouvernement sera peut-être renversé prochainement conduisant ainsi à des élections inévitables. Il pourrait y avoir deux questions simples :

 

ÊTES-VOUS POUR QUE LES INTERVENTIONS MILITAIRES DU CANADA SE RÉALISENT TOUJOURS DANS LE CADRE DE LA CHARTE DES NATIONS UNIES ET DU DROIT INTERNATIONAL ? OUI OU NON

 

ÊTES-VOUS D’ACCORD POUR QUE LE CANADA PARTICIPE AU PROJET AMÉRICAIN DE BOUCLIER ANTIMISSILES ? OUI OU NON

 

Ceux et celles qui se battent pour la Démocratie et sont contre la guerre seront sûrement en faveur de cette proposition qui donne la parole au peuple sur deux questions précises qui trancendent de par leur nature les autres questions de politique étrangère. Ceux qui pensent le contraire feront valoir leur point de vue. Un non ou un oui à ces questions n'affectera pas nécessairement notre vote pour le parti de notre choix. Cette pratique de référendum, lors d’élections, est répandue dans plusieurs pays dont les Etats-Unis. Je ne doute pas que l'Administration Bush, qui fait de la démocratie et de la liberté des objectifs fondamentaux de sa politique, se réjouisse de cette démocratie et liberté des canadiens dans leur prise de décisions sur ces deux questions. Nous aiderions ainsi nos représentants politiques à résister aux nombreuses pressions venant d'ailleurs. Ce serait une affirmation de l'autorité de la population canadienne. Ce serait de la Démocratie réelle.

 

Oscar Fortin

Par Oscar Fortin - Publié dans : POLITIQUE
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