POLITIQUE

Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 23:29

LORSQUE LES PAYS NANTIS NE SE GÈNENT PAS DE PUISER DANS LA RICHESSE LA PLUS PRÉCIEUSE D'UN PEUPLE: SA MATIÈRE GRISE.

 

cerveau1.jpgCe n’est pas d’aujourd’hui que l’on parle de la fuite des cerveaux, surtout des pays en développement vers les pays développés. Nous savons tous que le développement d’un peuple, d’une économie reposent en grande partie sur les connaissances et le savoir-faire de personnes engagées dans l’innovation et la recherche. Elles permettent de trouver des solutions aux divers problèmes qui se posent. C’est vrai dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’agriculture, de l’ingénierie, de l’administration etc.  Je réfère le lecteur et la lectrice aux nombreux articles mis en ligne par Google sur cette question de la fuite des cerveaux.

 

En écoutant, cette semaine, le discours à l'État d'Union du président Obama, j’ai été particulièrement frappé par l’insistance qu’il a mise sur la nécessité de récupérer les meilleurs étudiants étrangers qui poursuivent des études dans les universités américaines. Il a démontré, à juste titre, que le développement et l’innovation reposaient en grande partie sur ces génies du savoir et des technologies.  Déjà nous savions, qu’à travers divers programmes de coopération, il y avait un ratissage des principales universités dans les pays du Tiers-monde pour y déceler les génies en herbe et leur offrir de généreuses bourses leur permettant de poursuivre leurs études dans les universités étasuniennes.  Une manière bien planifiée pour dépouiller les nations moins bien nanties de leur « matière grise » tout en laissant l’image d’une grande générosité à leur endroit.

 

Dans un commentaire tout récent de Fidel Castro sur le discours à l'État d'Union d'Obama, il est question, entre autres, du comportement des États-Unis à l'endroit des médecins cubains en service dans de nombreuses régions inhospitalières de l'Amérique latine pour y déployer leur savoir et leur habileté médicale auprès de population en manque de médecin.

 

" Obama dit : "Autour du Monde, nous appuyons ceux qui assument leur responsabilité, nous aidons  des Agriculteurs à cultiver plus d'aliments, des médecins à soigner plus de malades..."  Quel mensonge !  Plusieurs savent ce que les États-Unis ont fait avec nos médecins en service auprès des populations les plus défavorisées tant au Venezuela et que dans d'autres pays de l'Amérique Latine. Ils les pourchassaient dans les coins les plus reculés de ces régions pour les inciter à abandonner ce dur travail et à fuir vers les États-Unis. Ils mettaient à leur disposition un avion, leur assuraient un visa et leur promettaient beaucoup d'argent."

 

Comment, avec un pareil comportement, se présenter comme un allié fiable, préoccupé du développement des peuples et de leur mieux être? Comment se présenter comme le chef de file des grandes valeurs de démocratie, de justice, de respect alors que dans toutes ses interventions prédominent d’abord et avant tout des intérêts strictement nationaux? Monsieur Obama a été très clair pour dire qu’il fallait déployer tous les moyens pour garder ces étudiants étrangers au profil scientifique élevé et de ne pas hésiter à favoriser le recrutement de ceux et celles qui pouvaient permettre aux États-Unis de reprendre la première place comme tête de file du développement des sciences et des hautes technologies.

 

Si dans un passé encore tout récent, il était possible d’aller chercher les minerais, les aliments et le pétrole sans se soucier des coûts de redevance, aujourd’hui, ce n’est plus possible, au moins dans un certain nombre de pays. Des peuples et des pays, comme la Bolivie, le Venezuela, l'Équateur, et plus récemment la Tunisie, l'Algérie et l' Égypte retrouvent la parole pour dire que le monde ne peut plus continuer sous la tutelle de dirigeants, d’oligarchies et de forces impériales qui n’ont de soucis que pour leurs propres intérêts. Dans le cas précis de la fuite des cerveaux,  il faut espérer que des mesures soient également prises, comme elles l’ont été dans les secteurs des  richesses naturelles, pour enrayer ces départs de personnes ressources. S'ils sont si importantes  pour les pays développés, ça devrait l'être tout autant pour les pays en développement.

 

Dans un de ses rapports l’OCDE illustre la carte du déplacement des « cerveaux » dans le monde et suggère que les pays en développement s’unissent et établissent des accords non seulement pour que leurs étudiants reviennent servir les régions des pays en développement, mais aussi qu'il y ait une plus grande circulation des savoirs et des savants entre les pays nantis et les pays en développement.

 

« La comparaison des taux d’émigration des populations hautement qualifiées révèle que les pays ayant un niveau de revenus faibles souffrent de manière disproportionnée de la «fuite des cerveaux» (indiquée en couleur foncée). Cependant, les pays en développement pourraient aussi bénéficier de migration de populations hautement qualifiées s’il existait un partenariat entre les pays de provenance des émigrés et les pays d’accueil permettant de rapatrier les compétences et le savoir (circulation des cerveaux). »

 

Pour les pays développés, la fuite des cerveaux est une aubaine, mais pour les autres c’est un désastre. Ils ne se font pas de problèmes de conscience en dépouillant ces derniers de leurs meilleures ressources humaines. Leurs portes sont très grandes ouvertes  pour recevoir les personnes déjà toute formées, les gens bien argentés, mais elles se font bien étroites lorsqu’il s’agit de réfugiés politiques et économiques. Entre le discours du politicien qui vante les grandes valeurs de la solidarité humaine, de la démocratie, du respect et l'action des agents en service commandé à travers le monde pour corrompre, acheter, inciter à la trahison et au transfuge, il y a tout un monde. Cette face cachée de la vie publique fait rarement partie des discours à l'État d'Union.

 

Oscar Fortin

http://humanisme.blogspot.com

Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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Mardi 11 janvier 2011 2 11 /01 /Jan /2011 17:17

haiti1.jpgRarement aura-t-on fait référence avec autant d’insistance à la communauté internationale pour analyser et confirmer les résultats du premier tour de scrutin pour les présidentielles. C’est maintenant fait, le rapport sera remis officiellement au Président et au Conseil électoral, mais déjà des fuites permettent de confirmer que le candidat proche du parti au pouvoir, Jude Célestin, passe au troisième rang et que l’OEA recommande que les participants au second tour soient Mirlande Manigat y Michel Martelly, le chanteur. Ce dernier serait passé au second rang avec une majorité de 3000 voix sur son plus proche rival, Jude Célestin..

Dans le présent cas, la communauté internationale représentée par l’OEA se ramène aux États-Unis, au Canada et à la France, les trois pays identifiés par l’OEA pour participer à cette révision du comptage des votes. Dans un article antérieur (http://www.vigile.net/Comment-reprendre-le-controle-d-un) j’ai eu l’occasion de commenter cette façon de faire.

À l’occasion du premier anniversaire de ce terrible tremblement de terre les forces les plus sécurisantes de la dite communauté internationale, se donnent rendez-vous. Il y la représentante du Congrès des États-Unis, la républicaine d’origine cubaine, Ileana Ros-Lehtinen, bien connue pour ses prises de position anti-Chavez et ses nombreux appuis aux actions terroristes contre Cuba.  Le Vatican sera également au rendez-vous avec son représentant spécial le cardinal Robert Sarah qui apportera un don de 1 200 000 $ de la part du Pape.

La Presse internationale sera évidemment là pour mettre en relief le travail extraordinaire de la communauté internationale qui est parvenu à résoudre le problème du recomptage des votes au premier tour du scrutin présidentiel. L’occasion sera toute désignée pour appeler à l’unité des forces humanitaires afin d’affronter le grand défi de la reconstruction. Les bourses pourront se délier et les argents promis, il y un an, pourront arriver sous forme de divers services d’ingénierie, de services de santé, de matériaux de toute espèce. La solidarité internationale enfin à l’œuvre au service d’un peuple mal aimé par la nature et le destin. Premier pays des Antilles et de l’Amérique latine à avoir conquis son indépendance en 1804, il aura appris avec les années que le destin, aidé par certaines forces humaines, ne lui aura pas permis d’en jouir longtemps.

Tout cela est bien beau, mais rien de moins certain que tout entrera dans l’ordre de cette communauté internationale encore mal définie. Ce matin, dans Prensa latina, Fidel Castro fait appel à cette autre communauté internationale qui forme l’Assemblée générale des Nations Unies et à celle formée par les pays de l’Amérique latine, pour qu’on évite l’horreur de nouveaux bains de sang à ce peuple déjà amplement éprouvé. Il craint que le candidat, proche du gouvernement et qu’a  écarté  l’OEA pour le second tour se résiste à une telle opération de prise de contrôle du scrutin et que ses partisans se révoltent eux aussi devant une telle ingérence des États-Unis, du Canada et de la France qui ont placé leurs pions sous le couvert de l’OEA.

Il semble qu’il est temps que la dite communauté internationale élargisse ses bases de manière à rejoindre la véritable communauté internationale, seule en mesure de donner de la crédibilité aux actions entreprises. La paix recherchée par la manipulation et la tromperie ne saurait apporter la stabilité si nécessaire au peuple Haïtien. Une autre fois ce sera le peuple qui paiera la note.

Oscar Fortin

Québec, le 11 janvier 2011-01-11

Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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