FIDEL CASTRO BIOGRAPHIE À DEUX VOIX

Publié le par oscar fortin

 Ignacio Ramonet, Directeur du journal « Le Monde Diplomatique », en donnant la parole à Fidel Castro, principal intéressé par les questions soulevées à son endroit et à l’endroit de la Révolution cubaine,  fait preuve d’un professionnalisme journalistique qui est tout à l’honneur de la profession.  Ces cent heures et plus passées en compagnie de Fidel Castro, cet homme qui a marqué l’histoire des cinquante dernières années, nous introduisent dans ce qu’a été et est toujours l’idéal d’une vie consacrée à l’avènement d’une humanité meilleure et plus saine. Les questions sont sans complaisance mais toutes, imprégnées de respect et dénuées de tout préjugé.

 La lecture de ces 700 pages nous révèle un homme d’une culture exceptionnelle, tant dans les domaines de l’histoire, de la politique, des arts, de la science et des conflits. Dans ses analyses et appréciations des personnes, il ne laisse pas transparaître du mépris ou de la haine, même lorsqu’il s’agit d’adversaires acharnés ou d’ennemis revanchards. Ceci ne veut toutefois pas dire que ses jugements soient sans passion. Il est incontestablement d’une très grande sensibilité, coiffé d’une intelligence exceptionnelle et d’une passion indéniable pour une humanité solidaire et responsable.  

 

 

 

De la révolution, il nous en révèle l’inspiration et les principes. Les échanges orientés par des questions et des sous question lèvent le voile sur ses premières révoltes et les injustices dont étaient victimes les travailleurs dans les plantations de canne à sucre.  Nous le suivons à l’Université où il étudie le droit tout en étant actif dans les organisations étudiantes. Il devient vite un  leader qui sait convaincre et regrouper les forces tournées vers le progrès, la justice et la liberté de tous et de toutes. Sa lecture de Jose Marti, durant ses années universitaires, lui donne les bases d’une éthique de laquelle il ne dérogera jamais.  

 

 

 

Les combats dans la Sierra Maestra, la prise du Pouvoir par le renversement de Batista et la construction d’une nouvelle société fondée sur des valeurs de justice et de solidarité ont mis en évidence le fin stratège, l’homme austère et discipliné, sans d’autres ambitions que celles d’une Révolution portée par le peuple et pour le peuple. En dépit des attentats, des tentatives d’invasion, d’un blocus économique qui ne cesse de se durcir, d’une presse étrangère qui s’acharne contre lui, les acquis révolutionnaires demeurent exceptionnels. Les services de santé sont accessibles à tous les cubains sans distinction de classes, de races et de couleurs. Le système d’éducation est gratuit du primaire jusqu’aux niveaux les plus avancées. Des centres de recherches spécialisés ont été développés dans divers secteurs. Bien que petit pays avec de graves problèmes, il a développé l’ouverture et la solidarité internationale en envoyant des éducateurs et des médecins oeuvrer dans de multiples pays auprès de populations laissées à elles même. Ce sont des centaines de milliers d’analphabètes qui ont pu accéder à une certaine autonomie et à de nouvelles connaissances. Ce sont tout autant de malades qui ont pu reprendre le chemin de la vie active. De quoi faire rougir nombre de gouvernants et d’Institutions qui en font le tortionnaire des droits de la personne.  

 

 

 

Il est également question des dissidents, de prisonniers politiques, de liberté de presse, de démocratie, d’émigration. Sur tous ces sujets, le lecteur est conduit à envisager certaines de ces questions sous des angles bien différents de ceux auxquels on l’y a habitué. Les réflexions qui y sont faites ne peuvent laisser indifférents et forcent le lecteur  à réfléchir sur la manière avec laquelle nos sociétés les assument. Il y a place pour une autocritique sérieuse. Peut-être serons-nous alors moins empressés à lui tirer la première pierre.  

 

 

 

Je pense qu’aucun journaliste sérieux ne pourra dorénavant se permettre de porter des jugements sur Cuba et Fidel Castro sans avoir préalablement lu ce livre.  Agir autrement serait bafouer la profession consacrée à l’information et se transformer en un mercenaire de la désinformation.

 

 

Je salue en Fidel Castro un grand humaniste et un homme d’État exceptionnel. Ses erreurs, il en parle et il ne craint pas les critiques constructives qui vont dans le sens du progrès. Je pense qu’il s’agit d'un témoignage transcendant qui lève le voile sur bien des questions et confond les mercenaires de la désinformation. Je me garderais bien de lui lancer la première pierre, tout au contraire.

 Oscar Fortin  

 

12 avril 2007-04-12  

 

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Publié dans POLITIQUE

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oscar fortin 16/08/2007 03:57

Monsieur Uleski, je vois que vous n'avez pas lu le livre de M.Ramonet "Autobiographie à deux voix". Je vois également que vous êtes très fort sur l'argumentaire émotionnel et sur celui des sentiments que vous nourrissez à l'endroit de M.Ramonet.

Si vous aviez lu et analysé quelque peu l'ouvrage en question vous auriez eu la possibilité de relever des erreurs historiques, des observations non fondées, des statistiques tronquées. C'est là un travail intellectuel plus onéreux que celui de laisser couler son venin et de reprendre les lieux communs de Reporters sans Frontière.C'est évidemment votre droit comme c'est le mien de rappeler que tout échange qui ne repose pas sur la bonne foi et une certaine rigueur de la pensée ne saurait servir la vérité.

Si jamais l'idée vous venait d'aller à Cuba, je vous conseillerais de passer par Guantanamo ,territoire cubain sous contrôte étasunien et Haiti, pays voisin. Vous aurez ainsi des points de repaire pour développer vos analyses. Le libéralisme économique a toute la liberté pour convertir les peuples d'haitie, de la République dominicaine, du Salvador, du Guatemala, du Perou et du Mexique, sinon en Jardin d'Eden, à tout le moins asssurant un accès sans restriction à tous les niveaux d'éducation et à tous les soins de santé...

J'aurai plaisir à vous lire une fois que vous aurez vous-même lu le livre de Ramonet et que vous aurez regardé les fruits du système dans les pays plus haut mentionnés et que vous voulez voir revenir à Cuba.

Pour finir je vous dirai que le peuple cubain tout comme ses dirigeants ne portent aucune haine à l'endroit du peuple étasunien. Ils en ont même une admiration. La lecture de Ramonet vous en aurait révéler les divers aspects. Ils en ont toutefois contre les administrations qui ne cessent de les harceler par tous les moyens, sans aucun repect pour le droit international, incluant les actions terroristes dont Posada Cariles en est un symbole.

Avec tout mon respect

Serge ULESKI 15/08/2007 21:44

Fidel Castro, la casserole de Monsieur Ignacio Ramonet (et celle de son mensuel : Le Monde Diplomatique ?)

Plaidoyer pour le Peuple cubain !

En réaction à l'ouvrage de Ignacio Ramonet qui est allé à Cuba servir la soupe à son Fidel Castro. Biographie à deux voix, Fayard/Galilée, Paris, 2007

Dix questions adressées à ceux qui en France soutiennent le régime de Fidel Castro (et... à toutes fins utiles : quelques suggestions quant aux réponses).
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1) Pourquoi est-ce si difficile pour des hommes libres, et pour certains d'entre eux en particulier, de défendre la liberté partout où elle est bafouée ?

2) En ce qui concerne le régime castriste - et bien que le peuple cubain à la parole muselée et sans perspective d'avenir digne de ce nom, ait su garder le sourire - pourquoi la haine envers les Etats-Unis, et accessoirement, l'amour pour le fiasco économique, politique et humain de ce régime, devraient-ils passer, aux yeux de ceux qui en France soutiennent cette dictature, avant la LIBERTE du peuple cubain ?

3) Est-ce que ceux qui soutiennent ce régime suggèrent que la France et toute l’Europe avec elle, tout aussi menacés, sinon davantage encore, par l’hégémonie économique et culturelle "haïssable et hideuse" des Etats-Unis, devraient au plus vite s'orienter vers un régime économique, politique et social identique à celui de Cuba ?

(Car, tout bien réfléchi, la pire des choses qui puisse arriver au peuple cubain, après la chute du régime castriste, c’est une ouverture économique, politique et culturelle qui se soldera inévitablement par un mieux vivre doublé d'un mieux être pour ce peuple qui ne peut guère, sur le plan économique et sur le plan des libertés politiques et humaines, sombrer davantage encore)


4) Depuis quarante ans et plus, qu’est-ce que le régime Cubain est capable d’afficher comme réussites économique, politique, humaine et artistique au monde et aux yeux de ceux qui en france n’ont de cesse de nous expliquer que "si c'était différent à Cuba, ce serait pire encore " ?

("Les performances économiques" de Cuba reposent très largement sur l’argent des cubains qui vivent aux Etats-Unis et la charité internationale - belle fierté pour ce régime ! En ce qui concerne la Politique : à ceux qui auraient quelques difficultés à appréhender ce concept dans toute son ampleur, je leur conseillerais vivement la lecture de Hannah Arendt dont l’oeuvre n’a pas cessé de répondre à la question "Qu’est-ce que la politique ?" Quant à ceux qui savent non seulement regarder et écouter mais... voir et comprendre, ils peuvent aussi - et surtout ! - se reporter au documentaire de Wim Wenders : "Buena Vista Social Club")

5) Au sujet de la Justice Sociale - la démocratie étant seule capable de réunir les conditions favorables à cette lutte qui n’est ni d’hier ni de demain mais... de toujours - dans la société cubaine, où ce combat a t-il lieu aujourd'hui ?

(Ce régime en serait-il exempté ? Ou bien, règnerait-il dans ce pays un tel niveau de justice sociale que cette question ne se poserait même plus ? Le régime Cubain et ceux qui le soutiennent, nous feraient-ils "le coup" de la fin de l’histoire à Cuba ?)

6) Combien d’années encore l’embargo des Etats-Unis va t-il permettre à ceux qui pardonnent tout à Castro, d‘expliquer la faillite économique et humaine de son régime ?

(Encore une fois, tout bien réfléchi, Castro n'a t-il pas tout le loisir de commercer avec l’Amérique du sud et l’Europe ? Mais... encore faut-il - il est vrai - qu’il y ait dans les caisses de ce régime inepte un minimum de cash et que l’économie castriste soit - autant que faire se peut - transparente et par voie de conséquence, digne de confiance !!!!!!! Mais ça.... c'est une autre affaire)

7) Quand le régime de Castro s’effondrera - sa police, ses hommes de main, son clientélisme - et que les prisons ouvriront leurs portes, que restera t-il comme arguments à ceux qui en France traînent derrière eux depuis plus de quarante ans cette vieille casserole qu’est leur engagement en faveur de ce régime ?

(Soutien qui en rappelle bien d’autres, tout aussi déshonorants ceux-là : on n’a pas connu un tel fourvoiement dans l'engagement politique depuis l’époque où des intellectuels soutenaient un PCF aux ordres de l‘URSS, de Staline et des autres - même si, Dieu merci ! les enjeux ne sont pas de la même importance)

8) Est-ce que l’argument d'un soulèvement fomenté par les Etats-Unis permettra à ces mêmes soutiens complaisants, à la compassion parcimonieuse et sélective, de qualifier les prochains insurgés de réactionnaires à la solde du Grand Capital ?

Et pour finir :

9) Quelles fautes le peuple cubain a t-il commises pour mériter un sort aussi cruel et injuste - un tel dénuement, un tel mépris, un tel abandon ?

10) Dans les années à venir, quel prix le peuple cubain devra t-il encore payer et... pourquoi ce peuple en particulier ?

Serge ULESKI.


P.S Castriste =? castrer (é - ez), castration, caste, triste... et puis, fatalement : "Casse-toi, y'a rien à voir !!!!"