LUCAS GABRIEL DÉJÀ UNE ANNÉE

Publié le par oscar fortin

 

BON PREMIER ANNIVERSAIRE  

        

 

 

 

 Cher petit fils,

Déjà une année et quelle année! Ton sourire, tes grands yeux noirs, ces cils imposants, tes sourcils châtains  et cette intelligence qui n’a cessé de nous surprendre au fur et à mesure que se déroulaient les jours, les semaines et les mois, t’ont vite gagné l’admiration et l’attachement de tous ceux et celles qui t’ont côtoyé. Dans ma première correspondance ( http://humanisme.over-blog.com/article-1389171.html ) je te disais que nous étions dans l’attente de te voir et de te découvrir. C’est maintenant amorcé et, même si ce n’est qu’un début, nous savons déjà que tu es exceptionnel.    

   

              

 Tu n’as pas perdu de temps pour t’adapter à ton nouveau monde. Vite, tu as saisi que tu étais attendu et que tous les bras allaient vers toi. Alors pourquoi ne pas répondre à autant d’attention? Qui, en effet, peut te reprocher d’avoir choisi ces bras tendus plutôt que la solitude de ton petit lit ? Tes grands parents, venus de Cuba, spécialement pour toi, ont été particulièrement gâtés. Tu ne les as pas fait attendre pour leur donner de quoi les satisfaire amplement. Tu aimais les surprendre la nuit pour prendre ton lait bien au chaud dans leurs bras et t’assurer que ces fameux « rapports » se fassent au complet avant de retourner dans ton lit, évidemment, une fois bien endormi . Ta mère t’a allaité tout le temps que sa santé le lui a permis alors que ton père et tes grands parents Suarez et Fortin, te serrant dans leurs bras, te balançaient de gauche à droite avec une régularité semblable à celle d’une danse de Twist.  Chacun avait ses heures et tu les comblais de bonheur en étant fidèle aux rendez-vous de nuit comme de jour. Ce fut une période intensive qui t’ont permis de découvrir tes plus proches et de voir jusqu’où pouvait aller leur accueil à l’amour que tu leur prodiguais.  

 Cette prise de conscience progressive de ton environnement et de la psychologie humaine s’est poursuivie au cours des mois qui allaient suivre. Dès  que la fonte des neiges a rendu possible l’usage de la poussette, nous avons pris l’habitude d’une sortie quotidienne en compagnie de « poppy », notre petit chien. Notre trajet nous conduisait dans le Vieux Québec, sur la Promenade du Château Frontenac et sur les Plaines d’Abraham. Un parcours d’environ six kilomètres d’une durée de deux heures. C’était un très beau parcours qui nous mettait en contact avec un environnement riche en beaucoup de choses. C’est là que tu as découvert les rues, les commerces, les piétons, les camions, les voitures, mais aussi la nature dans sa renaissance printanière et son déploiement estival et automnal.  À tout cela il faut évidemment ajouter tous ces touristes venus de tous les coins du monde qui t’ont révélé que nous n’avions pas tous la peau de la même couleur, que les visages n’étaient pas tous pareils, que tous ne parlaient pas avec les mêmes mots, que le monde, en somme, s’élargissait au-delà de tes proches et était plus diversifié que tu aurais pu l’imaginer.  

  

    

 

 

         

 J’étais chaque fois émerveillé de la communication que tu entretenais avec les touristes  et les artistes que nous croisions dans les rues du vieux Québec et sur la Promenade du Château Frontenac où nous faisions une bonne halte. Nous avons écouté des musiciens, admiré des amuseurs de rue, contemplé ce Fleuve dont les eaux se perdent à l’autre bout du monde. Les touristes s’arrêtaient pour te parler, t’admirer, prendre une photo souvenir. Une fois sur les Plaines d’Abraham, c’était le langage de la nature : celui des fleurs avec leur couleur et leur parfum, des oiseaux, des écureuils, de l’eau jaillissant des fontaines, de la verdure et plus que tout, bien que subtilement, ce mouvement incessant d’une nature qui ne s’arrête jamais. De très, très beaux moments passés en ta compagnie. J’ai gardé pour toi et nous tous des photos souvenirs. Tu pourras les consulter sur mon espace :  http://irene2osfortin.spaces.live.com/ .  

 

     

 

  Je ne peux pas passer sous silence l’accueil que t’a fait l’Église à travers la célébration du baptême. Ton papa, ta maman, ton parrain et ta marraine t’ont porté dans leurs bras, à la fois comme une offrande et comme un don. Il t’appartiendra, le temps venu, de donner suite à cet accueil qui t’a été fait à la demande insistante de ta mère et de ton père. Ces derniers  t’adorent, et nous, tes grands parents d’ici et de Cuba, t’aimons au point de repousser les frontières de notre vie le plus loin possible pour être avec toi le plus longtemps possible.  

 

Voilà donc que tu entreprends maintenant ta deuxième année en notre compagnie. Un autre cordon ombilical sera coupé : celui qui retient ton autonomie dans le mouvement et dans le langage. Tes pas hésitants se transformeront rapidement en pas de course et tes mots arriveront plus facilement à te faire comprendre. Le temps des couches devrait tirer à sa fin et tes possibilités de créer et de vivre plus librement te seront plus accessibles. Fini le temps où chacun te rabattait les oreilles avec « dit  PAPA », « dit MAMAN », « dit ABUELO », « dit ABUELA », «dit  GRAND-PAPA », «dit GRANDE-MAMAN », comme si en les disant tu les faisais enfin exister. Un pouvoir non négligeable que tu as su utiliser avec habileté et sans prétention jusqu’à maintenant. Continue sur la même voie. Tu verras bien, maintenant que nous existons tous, si nous saurons répondre à tes attentes et à ce que nous sommes devenus. 

 

Il ne me reste plus qu’à te souhaiter une belle seconde année, espérant que ta présence au milieu de nous continue d’être un soleil d’amour et d’espérance. Tu es maintenant lié à jamais à cette humanité qui nous tient tous ensembles . 

 

Ton grand père et compagnon de promenade

 Oscar  Fortin 

 

 

12 décembre 2006  

 

 

Publié dans SOCIÉTÉ

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