LE CONSERVATISME CATHOLIQUE ET LA VIE

Publié le par oscar fortin


La décision d’excommunier la mère qui accepta que son enfant de 9 ans, enceinte de 4 mois de jumeaux, suite au viol dont elle a été victime de la part de son beau-père, se fasse avorter, a bouleversé le Brésil et le monde. Les médecins, ayant constaté qu’elle avait été violée et que sa grossesse mettait en danger sa vie, décidèrent, conformément aux lois brésiliennes, de l’avorter. Cette décision leur valut également l’excommunication. La raison invoquée par la hiérarchie catholique est que la vie doit être protégée à toutes les étapes de son existence. Quant au violeur, son péché étant beaucoup moins grave que celui de l’avortement, il n’en fut rien. Il pourra bénéficier de la miséricorde de l’Église.


Que sont-ils donc ces messieurs les évêques et cardinaux qui se font ainsi les apôtres de la vie? Ce sont ceux-là mêmes qui se ferment les yeux sur les systèmes politiques, économiques et sociaux qui laissent mourir de malnutrition, d’absence de soins de santé des milliers de personnes, victimes d’oligarchies, jalouses de leur pouvoir et de leurs privilèges. Qui ne se souvient de ces dictateurs qui s’imposèrent par la force dans plusieurs pays de l’Amérique latine, emprisonnant, torturant et tuant par dizaines de milliers, hommes, femmes et enfants? Nous n’avons qu’à penser, entre autres, à Batista à Cuba, à Somoza au Nicaragua, aux Duvalier en Haïti, à Stroessner au Paraguay, à Videla en Argentine et à Pinochet au Chili. Aucun d’eux n’a été excommunié pour les assassinats qu’ils ont tous commis. Ils ont plutôt bénéficié des bénédictions des plus hautes autorités de l’Église. Quant à ceux qui ont voulu les dénoncer, ils ont vite été écartés, pour ne pas dire éliminés, comme ce fut le cas de Mgr Oscar Romero au Salvador et de nombreux prêtres et chrétiens dans l’ensemble de l’Amérique latine. Qu’en est-il donc de cette vie qui doit être protégée du début à la fin? Est-elle vraiment plus importante que tout ? Si oui, que fait-on des guerres qui tuent hommes, femmes et enfants?

Il y a un double langage qui sent l’hypocrisie à plein nez. Pourquoi ces messieurs ne se font-ils pas les apôtres absolus de la non-violence, les adversaires sans compromis des guerres menées en Irak, en Afghanistan, en Palestine? Pourquoi ne sont-ils pas les alliés inconditionnels de ceux et celles qui se donnent corps et âme pour qu’il y ait une justice porteuse de vie pour tous les humains de la terre? Pourquoi ne montent-ils pas aux barricades pour dénoncer et excommunier ceux et celles qui décident et participent à ces tueries? Dans bien des cas, ils s’en font plutôt des alliés. Ce fut le cas avec les « Contras » au Nicaragua et c’est actuellement le cas avec tous les mouvements subversifs visant le renversement des gouvernements en Bolivie, au Venezuela et en Équateur. Je préfère laisser le dernier mot à Jésus lui-même :


« " Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi ; c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela.

 » Mt.23, 23


Oscar Fortin, théologien

12 mars, 2009


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Publié dans RELIGION

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