LE JUGE EN CHEF DE LA COUR SUPRÊME DU MONDE

Publié le par oscar fortin

 

 

Nous savons tous que la nomination d’un juge ne se fait pas à l’aveuglette et que les gouvernements et les chefs d’État analysent avec beaucoup de soin les candidatures avant de procéder à leur choix. À plus forte raison lorsqu’il s’agit de la nomination d’un juge en chef de la Cour Suprême d’un pays ou d’un État. On voudra, au-delà des compétences professionnelles, que les valeurs et les idées du candidat retenu soient le plus près possibles des siennes de sorte que les jugements en soient inspirés. C’est le cas de tous les chefs d’État et de tous les gouvernements dans le monde. Au-delà des lois à faire respecter, il y a les valeurs et les idéologies qui marquent la pensée et le comportement.

 

 

Il est certain que G.W.Bush ne choisirait pas Fidel Castro ou Hugo Chavez  pour être Juge en chef de la Cour suprême des Etats-Unis et il ne fait pas de doute que ces derniers en feraient tout autant. Au Canada on imaginerait mal M. Harper nommer à un tel poste le syndicaliste Michel Chartrant ou encore «le prof comptable » Léopold Lauzon. Chacun de vous peut faire l’exercice de la nomination d’un juge à la Cour Suprême de son pays. Dans tous les cas, le candidat choisi révèlera inévitablement vos valeurs, votre appartenance idéologique et il sera tel qu’il n’aura pas besoin de directives de votre part pour aller dans le sens que vous souhaitez.

  

 

 

Que penser maintenant d’une COUR SUPRÊME MONDIALE à laquelle seraient soumis tous les humains de la terre, du plus grand au plus petit, du plus fort au plus faible, du plus connu au plus discret ? Imaginons un instant que les six milliards d’êtres humains soient invités à préciser les principales valeurs et qualités que devrait avoir ce juge en chef et à voter pour le candidat de leur choix.  Déjà, nous imaginons les attentes qu’auraient ceux et celles qui représentent plus des deux tiers de l’humanité et qui ne sont pas à la même table de consommation que nous. Leur vote porterait indéniablement sur un candidat tout autre que celui que nous voudrions bien voir à cette charge. Pour nous en convaincre nous n’avons qu’à regarder le contrôle que nous maintenons dans les organismes stratégiques des Nations Unies. S’il fallait que ce contrôle passe aux mains des pays du Tiers monde, bien des décisions seraient prises allant à l’encontre de nos intérêts mais à l’avantage des pays majoritaires.

  

 

 

  1. LA COUR SUPRÊME DU MONDE 

     

Il y a effectivement une Cour suprême du monde qui ne relève toutefois ni des Nations Unies ni de quelque gouvernement ou de quelque Église que ce soit. Un HOMME y a été nommé comme JUGE EN CHEF.  Cet homme a vécu il y a deux mille ans et, depuis, son histoire a fait le tour du monde. Son témoignage de vie, sa prédication, l’autorité avec laquelle il agissait, ses prétentions de parler au nom de son Père lui valurent le châtiment que nous connaissons : torturé, humilié et crucifié, il est mort sous les regards satisfaits des Caiphes, des Pilates et des Hérodes de la terre. Toutefois selon des témoins et selon certaines prophéties de l’Ancien Testament, Dieu, son Père, l’aurait ressuscité et nommé JUGE SUPRÊME du monde. Ainsi, la VICTIME, devenu juge, aurait acquis le pouvoir du jugement final et détiendrait entre ses mains le sort de tous les humains de la terre.

 

 

 

 

« Dieu a en effet fixé un jour où il doit juger le monde avec justice par l’homme qu’il a désigné, comme il en a donné la garantie à tous en le ressuscitant d’entre les morts. » (Act. Des apôtres, 17,31)

 

 

 

  1. À QUOI PEUT-ON S’ATTENDRE ?

     

 

 Si tel est bien le cas, il est normal que nous nous posions cette question. Nous ne nous présentons pas devant un juge sans chercher à savoir qui il est, ce qu’il pense et comment il peut réagir tout autant à ce que nous sommes qu’à ce que nous faisons. À quelle loi se réfèrera-t-il ? S’en tiendra-t-il à  la « lettre » de la loi ou plutôt à « l’esprit » de celle-ci ? Que pouvons-nous détecter de ses valeurs et comment voit-il les relations des humains entre eux ?

 

 

 

Il n’a malheureusement écrit aucun livre. Le seul écrit qui nous a été rapporté est celui des quelques lettres écrites sur le sable devant ces gens qui voulaient lapider une prostituée. On ignore ce qu’il avait écrit, car le vent les a vite effacer, mais ce qu’on sait, « qu’à commencer par les plus vieux ils sont repartis sans donner suite à leur projet ». Sans doute un premier jugement qui donne une première idée du personnage. Par contre et heureusement ses disciples nous ont laissé le témoignage de ses principaux discours et gestes. Les Évangiles nous en font le récit.

  

 

 

De milieu humble, il a grandi à Nazareth. Ce n’est que dans la trentaine qu’il commence à se faire connaître. Il y a sa rencontre avec le Baptiste qui en révèle la mission divine suivi d’un  séjour au désert où il résiste avec fermeté et courage aux trois grandes tentations (l’avoir, le pouvoir, le paraître), qui sont à la source d’à peu près toutes les corruptions. Sa prédication débute avec « le sermon sur la montagne »  que certains autres appellent « les Béatitudes ».

  

 

 

Déjà le ton est donné : il n’a de compte à rendre à personne d’autre qu’à son Père, et il ne peut être corrompu. Il a  une préférence nette pour les artisans de paix, les persécutés pour la justice, les personnes au cœur sincère, les pauvres à l’esprit généreux. Il a par contre une grande aversion pour les riches sans souci de justice et de partage, pour les repus qui se gavent d’eux-mêmes et de leurs instincts sans se soucier des autres, pour les hypocrites qui recherchent les éloges et les premières places se pensant supérieurs aux autres. (Luc 6,20-26) De quoi donner confiance aux deux tiers de l’humanité qui croupissent sous la misère que l’égoïsme et l’exploitation d’une minorité rendent possible.

 

 

Il a également eu des rencontres avec divers personnages dont, entre autres, la samaritaine qui appartient à un groupe peu aimé des juifs, Zachée, cet homme riche monté dans un arbre pour le voir et chez qui il s’est invité à manger, Nicodème, ce pharisien qui s’approche de nuit pour en savoir plus sur Jésus et son enseignement, Marie Magdeleine qui témoigne de son amour en oignant ses pieds avec un parfum dispendieux et en les essuyant avec ses cheveux,  les docteurs de la loi et les grands prêtres, toujours scandalisés. Dans chacun de ces cas l’homme se révèle, ses valeurs se manifestent. Beaucoup d’autres rencontres sont racontées : des aveugles, des paralytiques, des malades, des femmes, des hommes, des enfants. Dans tous les cas nous pouvons y découvrir des caractéristiques de ce personnage et y trouver une inspiration pour le jour du grand jugement. Il est tendre avec les humbles et les blessés de la vie et sans compromis avec les suffisants, les hypocrites, les manipulateurs.

 

 

  1. CE QU’IL DIT DE LA LOI ET DU JUGEMENT 

     

 

Aux pharisiens et aux docteurs de la loi qui ne cessaient de lui tendre des pièges pour le prendre en défaut par rapport à la loi de Moise, il a cette déclaration qui a pour effet de ramener toute la Loi et les prophètes à deux grands commandements : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Mt. 22,37)

 

 

 

 

Et peu de temps avant d’être arrêté, jugé et condamné, il va plus loin dans l’approche de ce jugement auquel l’humanité entière sera soumise. Sa mission dans l’histoire du temps tire à sa fin et il va à l’essentiel du message qu’il considère le plus important. Ce JOUR LÀ il y aura ceux et celles, placés à sa droite à qui il dira : «  Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; malade et vous m’avez visité ; en prison et vous êtes venu à moi. Car chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » À ceux placés à sa gauche il dira : « Allez-vous en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli ; nu et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et vous ne m’avez pas visité ; en prison et vous n’êtes pas venu à moi. Car chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits que sont mes frères c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Mt. 25,31-46)

 

 

 

  1. LES PROTÉGÉS DU JUGE 

     

 

On peut tout de suite considérer les pauvres, les affamés, les assoiffés, les prisonniers, les étrangers, les laissés pour compte comme faisant partie de ces élus. Les plus petits de ces derniers ne sont-ils pas ses frères ? On peut également créditer d’un jugement favorable tous ceux et celles qui s’engagent et luttent pour qu’il y ait plus de solidarité entre les personnes et les peuples, pour que la paix repose d’abord et avant tout sur la justice,  véritable partage des biens de la terre, et sur la vérité, authentique transparence des  personnes dans leurs relations humaines. Il n’y a pas de doute que les personnes de bonne volonté, pauvres ou riches, celles qui n’ont pas d’arrières pensées, qui ont un cœur d’enfant généreux et sans calcul, trouveront une oreille attentive auprès de ce juge très humain et sachant faire la différence entre la malice de certains et la bonne foi de certains autres. Les formes d’appartenance et de participation religieuses ne semblent pas être en tête de liste de ses préoccupations. Il fait plutôt preuve de beaucoup de tolérance et on voit que les conditions de vie des personnes de partout à travers le monde est ce qui le préoccupe au plus haut point. Dans notre langage nous serions porter à dire qu’il est plus un homme d’humanité que d’institution.

 

 

 

  1. DES INTERROGATIONS CONTEMPORAINES 

     

 

Nous ne pouvons nous empêcher de faire un certain examen de conscience sur la réalité du monde d’aujourd’hui. Les contradictions ne manquent pas et les solidarités que nous développons ne vont pas toujours dans le sens d’une solidarité élargie à tous les humains de la terre. Que se passe-t-il avec les immigrants qui arrivent aux frontières de nos pays développés et bien nantis ? On en fait des criminels ; on les refoule avec les armes ; on construit des murailles. Et nous dans tout cela que faisons-nous ?  Que pensons-nous des richesses que nous exploitons à vils prix dans les pays sous-développés, des répressions que nous fomentons pour empêcher ces mêmes peuples à récupérer le juste prix de leurs biens afin de s’assurer de meilleures conditions de vie ? Que pensons-nous des mesures répressives prises contre des gouvernements qui travaillent au développement humain de leur population en visant les couches sociales les plus démunies comme c’est actuellement le cas, entre autres, au Venezuela, à Cuba, en Bolivie, pour ne parler que de l’Amérique latine ? Peut-être que les promoteurs de ces mesures répressives et ceux qui les appuient seront surpris de se faire dire : « Allez-vous en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. » Peut-être sont-ils de ces bons pratiquants religieux tout attentifs aux célébrations liturgiques, mais sans présence à ceux et celles décrits dans le jugement dernier et auxquels s’identifie le Juge ? DE QUOI FAIRE RÉFLÉCHIR NOS BONNES CONSCIENCES.

  

 

 

Il ne faut pas oublier que les moyens de communication sont, entre les mains des puissants, comme la baguette magique entre les mains du magicien.  Ils ont ce pouvoir de transformer le mensonge en vérité, la réalité en illusion et l’illusion en réalité. L’Apocalypse nous rappelle que le réveil peut être brutal pour ces artistes de la tromperie et de la manipulation.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Je suis l’Alpha et l’Omega, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la cité. Dehors les chiens et les magiciens, les impudiques et les meurtriers, les idolâtres et quiconque aime ou pratique le mensonge ! » (Apocalypse, c. 22, 13-15)

Oscar Fortin

 

6 mai 2006

Publié dans RELIGION

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