BENOÎT XVI ET LA PALESTINE: DE QUI A-T-IL DONC PEUR?

Publié le par oscar fortin

L’invasion de Gaza par les forces sionistes d’Israël soulève la colère du monde civilisé et libre. Ceux et celles qui s’y complaisent ne peuvent appartenir à ce monde, même s’ils sont les premiers à s’en revêtir. Le VATICAN, par la voix de son porte parole officiel, a eu le courage d’une prise de position indépendante et libre des influences sionistes.

« L'acharnement d'Israël à Gaza a renforcé la répugnance ‎mondiale envers ce régime », a annoncé, samedi soir, le porte-‎parole du Vatican, Monseigneur Federico Lombardi, à ‎l'antenne de Radio Vatican. « Les crimes commis par les sionistes ne font qu'augmenter la répugnance mondiale envers les Israéliens et réduire l'espoir en la paix », a constaté le ‎porte-parole du Vatican, qui s'est dit surpris par l'ampleur des raids, déplorant le bilan lourd de ces attaques sauvages. « Israël poursuivra les opérations manu militari contre le peuple palestinien », a-t-il prévu. (28/12/2008)


 

Comment ne pas apprécier cette prise de position qui ne laisse aucune ambigüité sur les principaux responsables de ce qui se passe actuellement en Palestine et tout particulièrement à Gaza?


Mais voilà que, Benoît XVI, en tant que chef de l’État du Vatican, s’est bien gardé de faire quelqu’allusion que ce soit à cette prise de position officielle. Évidemment que la couverture médiatique d’une déclaration faite par Radio Vatican n’a pas la même couverture médiatique que celle faite par le Pape sur la Place St-Pierre. Ses interventions, à ce jour, ménagent plutôt Israël et les sionistes.

 

«Je demande à la communauté internationale de faire son possible pour aider les Israéliens et les Palestiniens à sortir de cette voie sans issue et de ne pas se résigner, comme je le disais il y a deux jours dans le message urbi et orbi, à la logique perverse de la confrontation et de la violence, mais de privilégier le chemin du dialogue et des négociations ».

 

Comme on peut le constater, il s’est bien gardé de prendre à son compte la position officielle du Vatican, exprimée par Monseigneur Federico Lombardi. Pourtant, la Maison Blanche, dans ses déclarations, assume ses prises de position officielles et les répète à chacune de ses conférences de presse : Gaza est responsable de ce qui arrive et Israël est en droit d’assurer sa sécurité. Il en va de même pour le Gouvernement canadien qui ne manque pas une occasion pour transférer sur les palestiniens la responsabilité de ce qui se passe à Gaza. Quant à Benoît XVI, il n’arrive pas à assumer la position de l’État du Vatican : « Les crimes commis par les sionistes ne font qu'augmenter la répugnance mondiale envers les Israéliens et réduire l'espoir en la paix. » Il choisit plutôt une sorte de neutralité qui ne sert finalement personne. C’est comme si le courage qui caractérise le prophète n’y était pas.

 

Récemment, il y a eu un synode à Rome portant justement sur la Parole de Dieu. Une Parole que l’on retrouve dans les Écritures et de façon particulière chez les prophètes. Il leur en fallait du courage pour transmettre aux rois, aux puissants et aux grands prêtres de leur temps le message de Dieu. Benoît XVI, pourrait-il, par exemple, prendre à son compte ces paroles du prophète Isaïe et avoir le courage de les adresser aux sionistes d’aujourd’hui qui ne cessent de gruger le territoire palestinien et d’en réduire la population ?


Malheur à ceux qui
ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace, et qu'ils habitent seuls au milieu du pays ! Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume; Qui justifient le coupable pour un présent, Et enlèvent aux innocents leurs droits ! Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes, pour refuser justice aux pauvres, et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple, pour faire des veuves leur proie, et des orphelins leur butin ! (Is.5-10)   

 



Je sais que Benoît XVI est parfois capable d’appeler par leurs noms ceux qu’il condamne. Lorsqu’il s’agit des « terroristes », de ceux-là mêmes qui sont désignés comme tels par la Maison blanche, il les invite à déposer les armes et à se convertir en artisans de paix. À défaut de quoi, il sera légitime qu’ils soient combattus. C’est actuellement le cas pour les talibans en Afghanistan.


En tant que chrétien et membre de l’institution ecclésiale j’ai parfois honte des alliances qui privent Benoît XVI de cette liberté du prophète. C’est toute la catholicité, dans son sens universel, qui en souffre.

 

Oscar Fortin, théologien et politologue

Québec, le 5 janvier 2009

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