CONGRÈS EUCHARISTIQUE 2008

Publié le par Fortin

UN RENDEZ-VOUS AVEC JÉSUS DE NAZARETH

L’idée d’un Congrès Eucharistique parallèle à celui organisé par l’Institution ecclésiale m’est venue, ce 2 avril, alors que j’étais à Sainte-Anne de Beaupré pour la célébration eucharistique du midi. J’y ai alors vu l’Eucharistie comme l’expression donnée par Jésus lui-même d’une solidarité universelle faite de partage et de don de soi avec toute personne de bonne volonté. J’y ai vu l’occasion de donner de nouveau la Parole à ce Jésus de l’Histoire qui est allé suffisamment loin dans ses engagements religieux et sociaux pour que les pouvoirs en place, CAIPHE, PILATE ET HÉRODE, se mettent d’accord pour le condamner à mort.

 

 

J’y ai vu Jésus prenant de nouveau la Parole en ce début du XXI ième  siècle, libre de toute dépendance politique et religieuse, pour annoncer à toute personne de bonne volonté UNE BONNE NOUVELLE, CELLE-LÀ MÊME QUE MARIE, SA MÈRE, PRÉDISAIT DANS SON ENTHOUSIASME À SA COUSINE ELISABETH :

 « Car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, et sa miséricorde  s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, il a comblé de biens les affamés et renvoyés les riches les mains vides.» (Lc. 1, 49-43)

 

 

À un moment où l’humanité dispose des ressources et des technologies pour permettre à tous les humains de la terre de goûter la vie et d’y trouver source d’inspiration et de croissance, force est de constater que plus des deux tiers des humains manquent du nécessaire alors que moins d’un tiers en ont plus qu’ils ne peuvent en consommer. Il y a là un problème de JUSTICE qui est au cœur des Évangiles et pour lequel beaucoup luttent, certains au risque de leur vie sans cesse menacée par les puissances en place.

 

 

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le royaume des cieux est à eux » (Mt.5,10)

 

 

Également, force est de constater que les grands leviers des pouvoirs politiques, économiques et religieux du monde sont entre les mains de cette minorité qui occupent les sièges importants dans les organismes gouvernementaux, les institutions internationales et les Églises, toute confession confondue. Nous sommes encore bien loin de cet ordre donné par Jésus à ses disciples : « Que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert… » (Lc.22, 26)

 

 

On ne peut taire la violence qui s’impose un peu partout à travers le monde. Cette dernière porte autant de noms que ceux de conquête, de domination, de fanatisme religieux, d’exploitation, de sauvegarde de privilèges, de guerre préventive. Cette même violence, malheureusement, sait se couvrir d’un langage qui vient chercher la bonne conscience des gens de bonne foi : c’est le langage de la démocratie, de la lutte au terrorisme, de la défense d’intérêts nationaux, de sauvegarde des libertés religieuses etc.

  

 

Dans ce contexte, il est important que croyants et non croyants entendent de nouveau ce Jésus de Nazareth proclamer une autre fois pour le monde d’aujourd’hui le Sermon sur la montagne, faisant l’éloge des béatitudes pour ceux et celles qui sont engagés dans une action de solidarité, de paix, de justice, de sincérité et de vérité. Il nous faut également l’entendre dénoncer ceux et celles qui cultivent le mensonge, la manipulation sous toutes ses formes, la récupération des symboles mobilisateurs pour satisfaire des ambitions personnelles ou corporatives de domination. Le contrôle des moyens de communication et l’emprise des idéologies sur ces derniers ne permettent plus les échanges portés par le désir de la vérité, de la justice, de la paix et du respect des différences.

  

 

Il nous faut également l’entendre de nouveau sur l’hypocrisie de ceux et celles qui se réfugient derrières le paravent des fonctions institutionnelles pour s’approprier le pouvoir de Dieu au nom duquel ils imposent leurs propres ambitions et idéologies en mettant sur les épaules des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent eux-mêmes porter. L’exclusivité de l’action de l’Esprit dont se prévalent certaines autorités pour déterminer ce qui est bon et mauvais ne permet pas une écoute de ce même Esprit s’exprimant également à travers tout croyant.

  

 

QUÉBEC 2008 doit être un cri de liberté pour toutes les personnes de la terre et une mise à nue des tromperies qui leurrent les personnes de bonne volonté. Il  doit être l’occasion d’une renaissance de la foi qui prend source de vie en la Parole même de ce Jésus mis à mort mais également ressuscité et à qui tout pouvoir a été remis. Ce sera l’affirmation d’une ÉGLISE DONT LA TÊTE EST LE CHRIST ET L’ÂME SON ESPRIT.

 

 

Il faut que le PAIN PARTAGÉ arrive à toutes les personnes de la terre ET QUE LE SANG VERSÉ permettent à tous de vivre comme des fils de Dieu. Québec 2008 doit être l’occasion pour toutes les personnes de bonne volonté d’exprimer leur solidarité en partageant ce qu’ils ont et en donnant ce qu’ils sont. Ce sera la forme la plus concrète d’EXPRIMER l’ACTION DE GRÂCE QU’EST ÉGALEMENT L’EUCHARISTIE.

  

 

Un Congrès eucharistique, qui s’enfermerait dans le monde des cérémonies et des liturgies pour ne faire que la promotion de l’institution ecclésiale et de ses dirigeants tout en continuant de servir de levier aux pouvoirs dominants de notre Occident chrétien, serait une farce qui tomberait à plein sous les invectives de Jésus à l’endroit du Sanhédrin, des scribes et des pharisiens que  nous décrit le chapitre 23 de l’Évangile selon Mathieu.

  

 

La tribune qui peut le mieux permettre l’expression de cette PAROLE DE JÉSUS DE NAZAREHT  est celle portée par ces milliers de croyants et ces milliers d’autres engagés au service de la justice dans le monde et oeuvrant pour une solidarité qui arrive à tous les humains de la terre. Les mouvements d’action catholique, ceux oeuvrant pour de développement de systèmes politiques et économiques orientés au service des intérêts des collectivités, assurant la santé, l’alimentation, l’éducation, la participation à l’organisation de la vie politique, économique et religieuse sont au nombre de ces témoins de la Bonne nouvelle. Tous devraient se donner rendez-vous à Québec à l’occasion du Congrès Eucharistique organisé officiellement par les représentants institutionnels de l’Église. Le précédent du Sommet parallèle au Sommet des Amériques peut servir de référence pour l’organisation de ce Sommet réalisé dans le cadre religieux du Congrès Eucharistique.

  

 

Oscar Fortin

 2 avril 2006

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