MGR ROMERO: UN TÉMOIN D'ÉGLISE POUR NOTRE TEMPS

Publié le par Oscar Fortin

Je voudrais d'abord féliciter M. José Hector Paz pour son article sur Mgr Romero http://www.ledevoir.com/2005/03/24/77736.html?242)  . Il a su nous rappeler l'existence d'un de ces témoins capables de risquer leur vie pour des valeurs fondamentales de la personne humaine. En d'autres lieux, il aurait vite été reconnu comme martyr et aurait rejoint la famille des saints qui compte, entre autres, au nombre de ses élus, son contemporain Josémaria Escribar Balaguer, fondateur de l'Opus Dei.

 

Ce souvenir de Mgr Romero constitue également un rappel de ces quelques 300 millions de latinos regroupés dans plus ou moins 26 pays et qui vivent au sud de notre développement économique et de notre domination politique. C'est dommage que nos bulletins de nouvelles fassent si peu écho à ces populations qui partagent avec nous l'Amérique faisant d'eux comme de nous des américains. Ce n'est pourtant pas parce qu'il ne s'y passe rien. Bien au contraire. On évoque de plus en plus ce rêve de Bolivar, figure marquante de leur histoire, de voir tout le continent latino regroupé en une grande communauté fédérée. Ce qui se passe dans le Nord et en Europe les rejoints au point que bientôt nous assisterons à la naissance d’une nouvelle Amérique latine.  À cette marche vers la grande fédération s'ajoutent les changements démocratiques qui portent au pouvoir des gouvernements de plus en plus soucieux de justice sociale et d'indépendance économique. Déjà nous connaissons la situation du Chili, suivie par le Brésil, puis le Venezuela, l'Argentine et tout récemment de l'Uruguay. Pour plusieurs, Cuba demeure un exemple et une référence. Ce sont là des courants sociaux et politiques importants qui méritent d'être suivis pour mieux être compris.

 

Malheureusement, nous ne disposons que de très peu  d’information indépendante  Nous faisons figure de Tiers Monde dans les moyens que nous mettons en œuvre pour assurer notre information. Nos sources se résument le plus souvent aux agences de presse, soutenues et souvent téléguidées par Washington.  Si encore on se préoccupait de faire figurer d’autres agences plus indépendantes, ne serait-ce que pour balancer les points de vues.

 

Combien de représentants chevronnés ont les medias canadiens pour les alimenter en reportages, analyses, nouvelles qui ne soient pas un "couper coller" d'une seule agence étrangère ou de plusieurs appartenant au même club idéologique? Il serait peut-être temps que nous ouvrions nos portes à des agences de presse qui émanent de ces pays. Nous serions sans doute surpris des ressources disponibles qui combleraient les vides de nos medias visuels et auditifs que nous couvrons actuellement avec les bulletins de météo et la répétition de mêmes nouvelles. Si nous nous alimentons sans trop de critiques à Reportage sans Frontières, pourquoi ne le ferions-nous pas également avec Prensa Latina et d'autres issues du même continent ? L’information ne s’en porterait que mieux.

 

Notre sens de la liberté et de la démocratie permettrait un meilleur discernement pour comprendre les conflits qui surgissent inévitablement et les responsabilités des différents acteurs en cause. Nous y gagnerions tous en indépendance et respect.

 

Oscar Fortin

Publié dans RELIGION

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Rul 07/04/2005 23:05

Dans les Evangiles, Jésus est souvent montré avec des gens que la majorité des gens rejetaient : les lépreux, les samaritains, des collecteurs d'impôt, les Romains, occupants haïs. Les gens ne comprenaient pas pourquoi Jésus s'affichait avec ceux qui étaient hors la Loi. Avons-nous évolué depuis cette époque, sommes-nous devenus plus tolérants, acceptons-nous l'incompréhension de l'autre ? Acceptons-nous ce que nous ne comprennons pas ?

Jésus était surement le plus intolérant des personnages historiques. Souvenez-vous de cette histoire : Jésus rencontre un jeune homme très riche qui voulait le suivre. Jésus lui demande de vendre tout son bien, de la donner aux pauvres et de le suivre. Le jeune homme ne peut se résoudre à vendre son bien et s'en va, d'air triste. Jésus n'a pas cherché à négocier, il n'a pas demandé au jeune homme de vendre 50%, 25% ou 10% seulement de ses biens. Il l'a regardé partir, sans même le foudroyer d'un coup d'éclaire.