LA COOPÉRATION AVEC LES ARMES

Publié le par Fortin

  

 

Je ne pense pas qu’aucun canadien soit contre la coopération humanitaire internationale. Nos valeurs et nos solidarités traditionnelles avec les plus pauvres en témoignent comme d’ailleurs plusieurs missions de maintien de la Paix sous l’égide des Nations Unies. Il est donc difficile d’aller à l’encontre de ces valeurs sans soulever la réprobation des canadiens. La tentation est alors forte de les récupérer subtilement pour justifier des interventions que, si elles étaient connues dans leurs avenants et aboutissants, seraient perçues comme allant totalement à l’encontre de ces mêmes valeurs de solidarité humanitaire.

  

 

Les exemples de récupération ne manquent pas, surtout en cette période spéciale que nous vivons. Les spécialistes en communication et les lobbys élaborent des plans, choisissent les bonnes expressions qui permettent de couvrir des tractations bien souvent marquées davantage par le marchandage et le chantage que par la recherche d’une véritable cause humanitaire.  L’administration Bush n’a-t-elle pas entraîné dans la guerre le peuple américain ainsi que ses élites politiques et religieuses en utilisant ces stratagèmes peu orientés à mettre en évidence la vérité des choses. Nous nous retrouvons ainsi dans la situation où le mensonge est converti en vérité, la récupération en humanisme, nos morts en martyrs et ceux des adversaires en terroristes.

  

 

La visite surprise du Premier ministre canadien en Afghanistan avait quelque chose de « déjà vu ». On y retrouve une sorte de parenté entre les spécialistes en communication au service de la guerre en Afghanistan et ceux qui sont au service de la guerre en Irak. On fait souvent appel à la « Communauté internationale », mais sans jamais préciser de qui il s’agit. On pense immédiatement aux Nations Unies qui regroupent 191 membres. Ils sont la représentation de la Communauté internationale et à ce que je sache, cette communauté internationale, ne s’est jamais prononcée en faveur de la guerre en Afghanistan sous le commandement général des États-Unis. Par contre si nous parlons de l’OTAN, nous parlons effectivement du regroupement de 26 pays, soit 13% de la communauté internationale. Il faut dire que l’usage abusif de ce terme permet de couvrir, face à l’opinion publique mondiale, la véritable réalité des acteurs et de leurs compromis réciproques. Lorsque Ben Laden a offert une trêve, y a-t-il eu un Conseil de l’Otan pour décider de la marche à suivre? C’est la Maison Blanche qui a répondu qu’aucune trêve ne l’intéressait.

  

 

Il appartient, me semble-t-il, au PEUPLE CANADIEN de se prononcer sur l’engagement du Canada dans cette guerre offensive en Afghanistan. Nous ne sommes pas là pour assurer la paix d’un peuple qui ne nous a jamais agressé ou menacé. Nous sommes là à d’autres fins et s’il y a des préoccupations de paix elles portent davantage sur la paix des forces conquérantes et de leurs alliés sur le terrain.

  

 

Si monsieur Harper est le démocrate qu’il dit être, il doit, dans ses décisions, représenter la volonté du peuple canadien. Pourquoi alors, sur cette question précise de l’engagement du Canada dans la guerre en Afghanistan, laquelle implique des milliards de dollars et des vies humaines, ne pas faire dès maintenant un RÉFÉRENDUM NATIONAL sur cette question ? Autrement les canadiens croiront que le vote de M. Bush est plus puissant que le leur et se demanderont à quoi sert notre démocratie si les décisions importantes se prennent ailleurs.

  

 

Au moment où le Premier Ministre canadien, en compagnie de nos soldats, se faisait le promoteur de la coopération humanitaire en Afghanistan, le Président de Cuba, à la clôture du 1Xième Séminaire international des premiers soins de santé, se faisait promoteur de cette même coopération, mais cette fois non pas avec des armes, mais avec des milliers de médecins et d’éducateurs. « Nous n’avons d’autre richesse que cette volonté et ce désir de coopérer avec les plus pauvres et délaissés. Cuba dispose de plus de 70 000 médecins, dont 60 000 spécialistes  et près de 25 000 qui sont actifs dans le cadre de missions internationales. »

  

 

Je pense que la majorité des canadiens seraient heureux d’appuyer des initiatives de cette nature indépendamment des idéologies de ceux qui les inspirent.

 

 

Oscar Fortin

 14-03-2006

 

Publié dans POLITIQUE

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Catherine 14/04/2006 00:48

Histoire de la communauté juive protégée en Albanie
 

lecture recommandée
 

"Ils n'étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944"
 

de
 


Neshat Tozaj

 

Editions: S.d.E ( La Société des Ecrivains) 
 

A travers ce livre j'ai compris que les liens qui peuvent unir deux personnes peuvent être plus fort que les liens du sang et que la fraternité n'est ni une histoire de chromosomes, ni une histoire de religion, ni encore moins une histoire d'appartenance à une culture : elle est avant tout une histoire d'amitié et de respect de l'autre.
 

Merci de m'avoir fait découvrir la noblesse des sentiments entre ces deux jeunes gens, qui au départ, n'avaient rien en commun.
 

Au-delà de l'amitié entre ces deux frères, c'est l'histoire de tout un peuple que j'ai découvert, de ses valeurs si nobles qui ont permis de sauver des vies.
 

L'histoire n'a, hélas, jamais rendu hommage aux Vôtres comme vous l'avez fait à travers ce livre.
 

Vous avez rectifié cet oubli et j'espère que grâce à vous ce fait d'histoire sera enfin connu et reconnu.
 


 

Je ne suis pas votre sœur et pourtant…
 

Pourtant je vous embrasse, cher Neshat, comme une petite sœur et vous dis "continuez! Battez-vous pour qu'enfin les Albanais soient reconnus à leur juste valeur"

Avec toute ma fraternelle reconnaissance.

                                            Catherine.

 

     
 

                                                                                                             
 

                                                                                                

Loïs 14/04/2006 00:43


Histoire de la communauté juive protégée en Albanie


A propos de l'ouvrage
 

"Ils n'étaient pas frères et pourtant... Albanie 1943-1944"
 

de
 


Neshat Tozaj

 

Editions: S.d.E ( La Société des Ecrivains)
 

 


Après les passionnants écrits: "Les couteaux", "Regards sur le cours d'une vie" et "La Maison"
Neshat Tozaj
nous propose "Ils n'étaient pas frères et pourtant… Albanie 1943-1944", roman particulièrement émouvant sur l'amitié, le code de l'honneur de deux enfants albanais, Solomon et Sazan et de leur famille respective dont l'une ira jusqu'au sacrifice pour épargner l'autre - Les Albanais juifs et réfugiés durent leur salut durant
la Seconde Guerre
mondiale au dévouement des habitants de ce pays -
 

De plus le regard admiratif de l'auteur sur le comportement des femmes en ce qui concerne leur esprit d'entreprise, leur courage, leur abnégation est réconfortant en notre époque troublée.
 


 

                                                       Loïs.
 

 

Lavoine Claire 30/03/2006 22:35


Littérature et Histoire
 

Albanie
 


 

                 Une Histoire méconnue
 

                                 ou
 

       la communauté juive protégée en Albanie
 

                      sous l'occupation nazie
 


 

Recommandation de lecture: 
 

Ils n'étaient pas frères et pourtant… Albanie 1943-1944
 

de
 


Neshat TOZAJ

 

Editions:  S.d.E (La Société des Ecrivains)
 

1984. 238 pages
 

                         
 

Dans son ouvrage « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944

Neshat Tozaj

décrit la communauté juive présente en Albanie depuis plusieurs siècles ainsi que les juifs d’autres pays accueillis au temps de la seconde guerre mondiale et qui furent épargnés car cachés et protégés. « Shalom » le titre original de l’ouvrage paru en Albanie  a été modifié à l’usage des lecteurs français car l'auteur souhaitait toucher ces derniers dans leur diversité.
 

C’est avec une approche différente de ce qu’on a l’habitude de lire, d’entendre ou de voir dans la plupart des documentaires que l’auteur aborde cette période. La communauté juive n’y est pas seulement dépeinte en tant que communauté persécutée mais aussi en tant que communauté albanaise vivant parmi d’autres Albanais, unis dans le même combat mené contre le nazisme et le fascisme. Combat livré pour protéger la vie, la dignité humaine, les biens de chacun et la richesse culturelle.
 

L’engagement commun dans cette lutte et l’amitié poussée jusqu’au sacrifice ultime de la part d’Albanais non juifs afin d’épargner leurs frères ou leurs hôtes constituent sans doute dans l’histoire un exemple quasi unique et particulièrement original.
 


 

Ce roman très largement inspiré de faits authentiques est l’occasion de rendre hommage à un petit peuple oublié de tous qui ne fit qu’accomplir son devoir en des temps de barbarie.
 

La publication de ce livre, outre le point d’histoire qu’il révèle, me semble essentielle et  salutaire à bon nombre de français, à commencer par les plus jeunes, de toute origine, confession, ou autre appartenance philosophique. En effet, à notre époque où les problèmes de racisme, d’anti-sémitisme ou de communautarisme exacerbé sont à l’ordre du jour, cet ouvrage apporte un éclairage fort réconfortant. « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » est aussi un message d’espoir et d’encouragement.
 

Le livre de

Neshat Tozaj

  volontairement rédigé sous forme de roman, l’homme est en effet avant tout écrivain et journaliste, est donc l’occasion d’approcher la résistance albanaise et de prendre connaissance de l’accueil particulièrement bienveillant réservé par le peuple albanais à la communauté juive en cette période dramatique.      
                                                                                   
 

J’ajoute que pour  approfondir l’approche de la période décrite dans le roman de N. Tozaj,  j’ai eu accès au remarquable ouvrage du Professeur Apostol Kotani, historien et très jeune résistant à l’époque : « The Hebrews in Albania during centuries ». Cet ouvrage retrace l’histoire  des Albanais juifs implantés dans le pays depuis l’antiquité et surtout nous permet de découvrir qu’en Albanie la communauté juive fut épargnée pendant la seconde guerre mondiale. M. Kotani a rassemblé  au cours de longues années de recherche de nombreux témoignages poignants de survivants albanais juifs de souche ou réfugiés qui tous expriment leur reconnaissance éternelle envers ce « petit » pays qui sut honorer sa tradition du « Besa » : le partage du pain, du sel et du cœur avec quiconque se trouve dans la détresse, étranger, hôte ou semblable en terre albanaise. C’est  spontanément que des survivants (qui pour beaucoup ont émigré après guerre en Israël ou aux Etats Unis) collaborèrent à l’ouvrage et tous y attestent qu’aucun juif n’a été déporté en Albanie sous occupation nazie et fasciste.
 

Le discours de Monsieur l’Ambassadeur d’Albanie en France, Monsieur Ferit Hoxha, lors de la cérémonie donnée à l’occasion de la parution du livre en France « Ils n’étaient pas frères et pourtant… » Albanie 1943-1944,  n’a du reste pas manqué de souligner que son pays était le seul Etat d’Europe où la population juive avait augmenté à la fin de la deuxième guerre mondiale. Messieurs Avner Shalev et Ismaïl Kadaré, entre autres personnalités, ont d'ailleurs déclaré en maintes occasions que le chiffre des personnes ayant trouvé refuge en Albanie par rapport à la population juive initiale du pays devait sans aucun doute être multiplié par dix.
 


 

Je précise que ces informations concernent l’Albanie définie dans ses frontières. Précisions d'importance car les rafles opérées à Pristina, Kosovo, malgré l'attitude exemplaire de sa population et des autorités locales, ont parfois été imputées à l'Albanie en raison de l'annexion très éphémère effectuée par les nazis de ce territoire à l'Albanie.
 


 

        -----------------------------
 


 

Extrait d'un article rédigé par Monsieur

Pierre Stambul
 



Vice président de l'Union Juive Française pour la Paix.
 

Article adressé avec l'aimable autorisation de son auteur.
 


 

Une histoire oubliée
 


 

À travers un roman qui se déroule en Albanie pendant les années 30 puis la guerre et qui s’appuie sur des événements réels,

Neshat Tozaj

(*) nous rappelle un épisode historique largement inconnu, aussi bien en France, que parmi les Juifs du monde entier.
 

Même dans les pires périodes de

la barbarie Nazi

et du génocide, s’il y a eu des gens qui ont basculé dans le racisme le plus abject, la collaboration et le crime de masse, il y en a eu aussi que rien ne prédisposait à la moindre forme « d’héroïsme » et qui ont résisté, moralement et les armes à la main, à l’inhumanité.
 

L’attitude de la grande majorité du peuple albanais pendant l’occupation rappelle un peu celle des paysans protestants français du Chambon-sur-Lignon qui ont sauvé des centaines d’enfants juifs en les dissimulant parmi leurs propres enfants.
 

La communauté juive albanaise n’a jamais été très nombreuse. Si une présence juive ancienne en Albanie semble certaine, les Juifs albanais descendent probablement des Juifs accueillis par l’empire ottoman dès le XVe siècle et dispersés dans l’empire. Population urbaine et instruite dans une Albanie très rurale, ils n’ont jamais subi de persécution. Le livre décrit cette rencontre entre deux mondes très différents, la petite communauté juive et les communautés villageoises qui se sont structurées avec de grandes traditions d’hospitalité et d’entraide.
 

Quand la guerre éclate, en même temps que le parti communiste albanais va très vite organiser la résistance de tout un peuple et l’auto organisation des villages, cette résistance va organiser le sauvetage de la communauté juive. Mieux, les villages albanais vont accueillir et cacher des Juifs fuyant l’Europe de l’Est. Aucune déportation n’a eu lieu dans le pays. Le livre relate la véritable fraternisation qui s’est déroulée. Il faut savoir que les Albanais ont aussi accueilli des soldats italiens (qui les avaient pourtant envahis) après la capitulation de 1943. [……]
 

 L’Albanie des années tragiques montre que l’antisémitisme n’est pas inéluctable et qu’une véritable entente entre un peuple et une minorité qui vit chez lui est possible.
 

On a aussi souvent donné une image très négative de l’Albanie : dictature stalinienne, naufrage économique, mafia.

Neshat Tozaj

nous restitue un peuple humain, hospitalier, solidaire, généreux. Des structures villageoises d’entraide ont permis l’émergence d’une résistance nationale qui a contrôlé les montagnes de l’intérieur pendant toute la guerre.
 


 

Merci à l’auteur de nous avoir rappelé cette histoire édifiante.
 


 

                     

Pierre Stambul
 



Vice-président de l’Union Juive Française pour la Paix, UJFP
 


 

(*) « Ils n’étaient pas frères et pourtant … Albanie 1943-1944 »,

Neshat Tozaj

, Editions S.d.E
 

            (La Société des Ecrivains)
 


 

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4ème de couverture
 

       de
 

«Ils n’étaient pas frères et pourtant… Albanie 1943-1944.»
 

                                                            
 

Le hasard veut que se rencontrent deux enfants albanais, l’un juif l’autre pas. Sazan et Solomon se lient d’amitié et découvrent les richesses de l’un et de l’autre. Puis vient la guerre et l’occupation nazie, la famille de Solomon est immédiatement cachée et protégée. C’est ainsi que par ce récit inspiré de faits authentiques l’on apprend qu’aucun Albanais juif ou réfugié ne fut déporté pendant la seconde guerre mondiale dans ce pays. Certains protecteurs particulièrement humains et courageux sont même allés jusqu’à sacrifier leur vie pour sauver ce qu’ils avaient accueillis. Pour eux c’était une question d’honneur.
 

Ce livre passionnant et émouvant écrit dans un style limpide et poétique, malgré l’horreur des évènements, nous permet d’aborder une Albanie méconnue.
 

                                                                      
 



Neshat Tozaj

est né à Vlora en Albanie le 1er janvier 1943. Ecrivain, journaliste, juriste et directeur de

la société Albautor

(protection des droits d’auteur),

Neshat Tozaj

est au premier rang de ceux qui défendent les droits de l’homme et met son talent au service de son pays et de son devenir.
 


 

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C’est naturellement à titre bénévole et amical que j’entreprends cette « campagne d’information ». Si le sujet de cet ouvrage me tient tant à cœur c’est que je suis issue d’une famille d’enseignants composée de catholiques, de protestants, de juifs ou  "d’athées totaux " aux nationalités également fort variées  qui tous s’attachent depuis toujours à respecter les différences et à rassembler. L’ouvrage nous apprend et nous démontre en effet que cela fut possible en terre isolée, multiculturelle et multiconfessionnelle. 
 


 

Un dossier consacré au sujet mériterait  d'ailleurs d'être "enfin" publié en France et pourquoi pas par les historiens présents sur le forum dont la qualité d'information dispensée fait honneur à ses intervenants. Dossier auquel collaboreraient sans doute volontiers, à condition naturellement d'y être invités, Monsieur Alfred Moisu, Président de la République d'Albanie très au fait du sujet (dont les grands parents, je crois savoir, information à vérifier, étaient albanais juifs), Monsieur Ferit Hoxha, Ambassadeur d'Albanie en France, Monsieur Ismaël Kadaré, le Professeur Artan Fuga et autres historiens,  universitaires, théologiens sans oublier le remarquable Professeur Kotani. Professeur aujourd'hui très âgé  qui essaie avec moult difficultés financières de faire paraître une deuxième édition de son ouvrage "The Hebrews in Albania during the centuries".
 

Je tiens naturellement à disposition des historiens, universitaires, théologiens et autres personnes désireuses de se pencher sur cette Histoire méconnue, voire ignorée, bon nombre de documents et témoignages relatifs au sujet évoqué par Neshat Tozaj. Certains écrits nous éclairent sur la réalité religieuse du pays, fort différente de ce qui est habituellement  véhiculé en France...
 

Toute contribution écrite au sujet évoqué sera la bienvenue.