INGRID BÉTANCOURT ENFIN LIBRE DES FARC

Publié le par oscar fortin

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour cette jeune femme de conviction et profondément déterminée à aller jusqu’au bout d’elle-même pour servir son idéal de justice et de vérité. J’ai été solidaire de tous les mouvements visant sa libération des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC). J’ai suivi de près les diverses initiatives mises en place pour sa libération et de façon particulière celles, du printemps 2007, déployées par le Président Chavez en étroite collaboration avec le Président de la Colombie. Nous connaissons les imbroglios qui ont conduit à la mise à l’écart du Président Chavez et de la sénatrice colombienne, madame Cordoba. Toutefois, suite aux pressions exercées par les familles des prisonniers des FARC, de façon particulière de la famille d’Ingrid Bétancourt  et du Président Sarkozy, auprès du Président Chavez et de la sénatrice Cordoba,  de nouvelles initiatives ont été prises, toujours en  collaboration avec le Président de la Colombie. Ces dernières aboutirent à la libération de trois otages et permirent de mettre à l’épreuve une approche de nature à favoriser d’autres libérations, incluant évidemment celle d’Ingrid Bétancourt. La suite de ces initiatives a été l’intervention de l’armée colombienne en Équateur, tuant 15 personnes, composés de soldats des FARC, dont leur négociateur, et de civils. 

Si mon sentiment de joie est très grand suite à la libération d’Ingrid Bétancourt et de ses 14 autres compagnons et compagnes, il n’arrive toutefois pas à couvrir entièrement un autre sentiment, celui-là d’une récupération honteuse d’une personne qui symbolise ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans l’humain, soit l’intégrité, la détermination, le courage, l’engagement pour la justice, la paix et la vérité. Je suis également troublé par rapport au sort réservé aux autres prisonniers toujours entre les mains des FARC. Quel sort leur réservera-t-on et quelle crédibilité aura dorénavant le Gouvernement colombien pour négocier de bonne foi avec ces dernières. N’auront-ils pas le sentiment d’avoir été de nouveau trahis? D’ailleurs, avec la libération d’Ingrid Bétancourt, le gouvernement colombien déploiera-t-il la même énergie pour libérer les autres otages dont la valeur politique n’égalera jamais celle que représentait cette dernière?

La couverture médiatique donnée à cet évènement écarte de façon systématique toute référence aux efforts déployés par le gouvernement du Venezuela et de façon particulière par le Président Chavez. POURQUOI? Lorsque tous les dessous de cette libération seront connus, peut-être découvrirons-nous que sa mise en marche aura été possible que grâce à l’intervention du Président Chavez en qui les responsables des FARC  ont toujours cru en la « Parole donnée ». Peut-être, également, découvrirons-nous que les ententes visaient la libération progressive de tous les prisonniers et l’abandon des armes par les FARC. Force est de constater que les conditions pour la suite des négociations sont maintenant différentes. Une fois épuisé tout ce qui peut être récupéré par les hommes politiques en place, il faudra bien poursuivre les efforts pour libérer les otages toujours entre les mains des Forces armées révolutionnaires colombiennes sans oublier les centaines d’autres, hommes et femmes de ces Forces, détenus dans les prisons de l’État. Toute paix honorable devra passer par cette voie. À moins qu’on décide l’usage de la force d’anéantissement sans égard aux otages, n’étant pas, ces derniers, politiquement rentables.

Entre temps, comment ne pas souhaiter à Ingrid et à tous les autres qui ont été libérés, de goûter les joies de retrouvailles familiales bien méritées tout en se donnant le temps de décoder ce vécu à la lumière des idéaux qui les nourrissent. La crédibilité d’Ingrid Bétancourt est et sera immense du fait qu’elle est allée au bout d’elle-même et qu’elle a un accès privilégié aux médias et à l’affection des gens de bonne foi. Sa responsabilité n’en sera que plus grande. Sa libération des FARC est une chose, mais il ne faudrait pas qu’elle soit prise en otage, cette fois, par une autre force qui la conduirait subtilement à trahir les grandes valeurs qu’elle a portées et représentées pour les humbles de la terre et toute personne de bonne volonté.

 

Oscar fortin

 

Québec, le 3 juillet 2008

 

 

Publié dans POLITIQUE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

oscar fortin 07/07/2008 14:34

Je ne comprends pas trop le lien qu'a votre commentaire avec le sujet de l'article. Je comprends toutefois que Mai 1968 a été pour vous un cauchemar et je soupçonne que le Concile Vatican II ait été un moment de détresse pour vous. Dans tous les cas force est de constater que nous vivons dans un monde toujours de plus en plus polarisé et partagé entre ceux et celles qui luttent pour la justice, le respect des droits des peuples et des personnes et ceux et celles qui s'acharnent à maintenir une situation qui leur donne tous les droits sur les peuples et les personnes et cela par la force, la manipulation médiatique, la corruption le mensonte. Bien que ce soit là des enjeux qui remontent aux temps les plus anciens, ils sont devenus à la vue et au su du monde les points de référence qui interpellent la conscience des humains. Une lecture du jugement dernier que vous trouverez dans l'Évangile de Mathieu vous en donnera l'aboutissement.

KTOvox 07/07/2008 09:57

Benoît XVI plaît à un nombre incroyable de jeunes car il est intelligent et fait ce qu'il doit faire comme pape.

Mai 68 c'est fini et bien fini dans l'église, Merci Seigneur.