JÉSUS DE NAZARETH: TÉMOIN D'HUMANITÉ

Publié le par oscar fortin

 

L’homme que nous présentent  les Évangiles en la personne de Jésus de Nazareth témoigne d’un humanisme qui élève chaque être humain à son plus haut niveau de dignité. Il n’y a pas de place pour la discrimination et à cette fin, lui le maître, se fait présent auprès des plus démunis, des malades, des exclus, des pécheurs. Il glorifie les persécutés pour la justice, il guérit les paralytiques, donne la vue aux aveugles, accueille les exclus et pardonne les péchés.  Il valorise les cœurs qui sont sans arrière pensée, invite au partage et à la solidarité. Cette nouvelle manière d’être interpelle évidemment ceux et celles qui ont à voir avec les conditions de vie des pauvres, des malades, des exclus et des pécheurs. Elle interpelle les biens pensants, les responsables politiques et religieux, les systèmes de valeur qui jugent, discriminent et condamnent. Il dénonce l’hypocrisie, les faux fuyants, le mensonge, les apparats dont certaines élites aiment s’envelopper. Les Évangiles ne manquent pas de nous raconter les multiples échanges avec les pharisiens, les docteurs de la loi qui cherchent par tous les moyens à le piéger pour mieux l’écarter. Sa présence, ses propos, sa manière d’être avec les humains les dérangent. Son système de valeurs ne peut pas subsister avec le leur (Mt.23).

 

Lorsque ce Jésus se réunit une dernière fois avec ses disciples avant son arrestation, ses tortures et sa mise à mort, il veut laisser à l’humanité un MÉMORIAL qui rappellera à toutes les générations à venir l’essentiel de cette nouvelle manière d’être dans le monde des humains.

Tout en étant le maître, il se fait le serviteur.  Il lave les pieds de toutes les personnes présentes : de Pierre qui allait le trahir, de Juda qui allait le livrer pour 30 pièces d’argent, de Marie Magdeleine qui lui avait déjà lavé les pieds avec un parfum exquis, de sa mère Marie et de tous les autres. Par ce geste, il reconnait la dignité de chacun et de chacune et indique que ses disciples, ceux et celles qui accepteront de le suivre, devront en faire autant avec tous les humains de la terre. L’autorité n’est plus un pouvoir de domination et de privilèges, mais un pouvoir de service et de dépouillement. À ce geste, il joint un message de vérité, de paix et d’amour qui repose essentiellement sur les œuvres de sa vie. « Si vous ne croyez pas ma parole, croyez pourtant à cause de ces œuvres (…) et celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais» (Jn. 14, 11-12). Pour finir, Il scelle le tout en faisant du pain le partage de son corps et du vin le partage de son sang. Un MÉMORIAL qui rappellera à toutes les générations à venir que la voie du salut passe par le don de sa vie au service de la reconnaissance et du respect de la dignité humaine, de celle du plus petit jusqu’au plus grand. Aimer son prochain, c’est l’aimer, c’est aimer son Père. Il oriente le regard des siens sur le prochain de telle manière que pour arriver jusqu’à lui il n’y aura d’autre voie que celle de passer par le prochain. « Il ne suffit pas de dire Père, Père, pour entrer dans le royaume des cieux, mais de vous aimer les uns les autres comme le Père vous aime. »

 

Le Congrès eucharistique mondial de Québec devrait faire entendre au monde d’aujourd’hui ce témoignage de Jésus.  Il devrait être une parole qui interpelle en tout premier lieu ceux et celles qui se réclament de ce Jésus devenu méconnaissable derrière ces héritages accumulés tout au long de ces 2000 ans d’histoire. Les doctrines se sont multipliées, les communautés chrétiennes sont devenues des institutions et ces dernières des centres de pouvoirs, de prosélytisme et de pratiques cultuelles qui ont tendance, dans bien des cas, à se substituer aux œuvres. Les propos de l’apôtre Jacques qui fait s’interpeller celui qui dit avoir les œuvres avec celui qui dit avoir  la foi sont d’une grande actualité: « Tu as de la foi; moi aussi, j’ai des œuvres; prouve-moi ta foi sans les œuvres et moi je tirerai de mes œuvres la preuve de ma foi. » (Jc.2, 18)

 

Il est important que le monde d’aujourd’hui entende dans sa plus grande simplicité ce témoignage de Jésus de Nazareth et cette grande espérance qu’il représente pour tous les exclus de la terre. Il a lié son sort aux leurs de sorte que personne ne puisse dire « Seigneur, Seigneur je t’aime, je t’adore, s’il n’aime pas son prochain et ne le reconnaît pas dans ces exclus d’humanité. »

 

Comment ne pas faire un rapprochement de ce MÉMORIAL avec cette mort de cet évêque du Salvador, Mgr Oscar Romero,  assassiné par des militaires alors qu’il célébrait ce dernier repas de Jésus avec les siens. Lui aussi avait une parole qui donnait de la dignité aux pauvres et aux exclus. Sa parole interpellait ceux qui avaient à voir avec cette situation. Ils l’ont éliminé comme ils avaient éliminé ce Jésus de Nazareth qui dérangeait beaucoup trop.

 

La voix des prophètes doit également se faire entendre dans l’Église et le monde d’aujourd’hui au côté de celle des apôtres, des évangélistes, des pasteurs et des chargés de l’enseignement.

note: Sur cette photo on voit le pape Jean-Paul II sermonnant le père Ernesto Cardenal, prophète des temps modernes, à son arrivée à l'aéroport de Managua, au Nicaragua.

Oscar Fortin

Québec, 10 juin 2008

 

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