TENAZA : OPÉRATION DE LA CIA AU VENEZUELA

Publié le par oscar fortin

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Un MÉMO de la CIA révèle les dessous des activités menées au Venezuela par les forces d’opposition internes et externes pour contrer le référendum sur la réforme constitutionnelle, prévu pour le 2 décembre 2007, et pour renverser le gouvernement élu du Président Hugo Chavez. Ce MÉMO, rédigé le 20 novembre 2007, par le responsable de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Venezuela, Michael Middleton Steere, a pour destinataire le Directeur général de l’Agence à Washington, Michael Hayden. Bien que hautement confidentiel, ce MEMO s’est retrouvé entre les mains de personnes qui ont jugé bon d’en faire la diffusion la plus large possible. (http://www.aporrea.org/tiburon/n105390.html )
 
L’auteur de la note fait le point sur l’OPÉRATION TENAZA et aborde les dernières étapes à franchir pour atteindre les objectifs visés.
 
D’ABORD IL RELÈVE LES CONSTATS
 
1.   La tendance des intentions de vote se maintient. Selon les derniers sondages réalisés tant à l’interne qu’à l’externe, le OUI a l’avantage de 10 à 13 points (57% OUI, 44% NON).
2.   Les analyses confirment que cette tendance est irréversible à court terme, c’est-à-dire qu’elle ne peut être modifiée de façon significative d’ici le référendum du 2 décembre.
3.   La campagne publicitaire promue conformément au Plan ainsi que les désertions du camp gouvernemental de certains hauts dirigeants (Podemos-Baduel, par exemple) ont fait perdre à Chavez 6 points par rapport à son pourcentage initial. Ceci dit, de telles tendances ont atteint leur plancher.
4.   Il faut s’en tenir au PLAN TENAZA pour lequel divers scénarios peuvent être envisagés.
 
LES SCÉNARIOS
 
1.   Empêcher le Référendum ou, à défaut d’y parvenir, en méconnaître les résultats.
 
Selon l’auteur, il faut continuer à renforcer les activités qui visent à empêcher la tenue du référendum tout en préparant en même temps les conditions pour en contester les résultats. Sur ce dernier point, il est important de créer dans l’opinion publique le fait que le NON est en nette avance sur le OUI et qu’il est assuré de la victoire. C’est en ce sens qu’il faut  continuer à travailler avec les maisons de sondage contractées par la CIA.
2.   Il faut discréditer autant faire se peut le Conseil national électoral (CNE) de manière à créer dans l’opinion publique la sensation de fraude.
 
En ce sens, il faut semer le doute sur l’inconsistance du registre électoral permanent et la non fiabilité des équipements mis en place pour le vote. Des contacts avec une équipe d’experts universitaires permet de compter sur leur prestige académique, pour donner de la crédibilité à la fraude par la manipulation des données de la part du CNE entre autres au moyen d’encre spéciale et en intervenant dans le maniement des machines de votation.
 
3.   Il faut engorger le plus possible les bureaux de votation en encourageant les militants du NON à voter puis à rester sur place : VOTE ET RESTE.
 
Cette action produira une implosion qui permettra l’exécution de la directive prévue dans l’Opération Tenaza.
 
4.   Il faut commencer à donner de l’information sur les résultats du vote dans les premières heures de l’après-midi, utilisant les sondages préliminaires déjà disponibles.
 
Telle que planifiée, cette opération requière une coordination avec les médias de communication au niveau international.
 
5.   L’implantation sur le territoire national de groupes de protestation préparant au soulèvement d’une partie substantielle de la population
 
La conduite de ces scénarios n’est pas sans comporter des risques politiques, d’autant plus que les groupes participants  ne sont pas tous unanimes sur les actions proposées. Primero justicia et Nuevo tiempo ne partagent pas la stratégie présentée par la CIA alors que Comando national de la résistance et Action démocratique participent à toutes les étapes.
 
 
LES TÂCHES IMMÉDIATES DE LA PHASE FINALE
 
L’empêchement du référendum, la dénonciation d’une fraude électorale et les manifestations de rues devront compter sur des initiatives ponctuelles pour assurer le succès de l’opération. Le MEMO en fait une liste que nous pourrions résumer ainsi :
 
1.   Un effort diplomatique soutenu pour isoler toujours plus Chavez sur la scène internationale.
2.   Travailler à l’unité des forces de l’opposition et chercher des alliances entre ceux qui vont s’abstenir de voter et ceux qui vont voter NON.
3.   Augmenter la pression par des manifestations de rue dans les jours précédant le référendum.
4.   Soutenir avec insistance la propagande contre le régime.
5.   Exécuter les actions militaires d’appui aux mobilisations et aux actions d’occupation.
6.   Mettre en place les dispositifs opérationnels des forces installées à proximité du territoire vénézuélien;
7.   Assurer la coordination de l’appui des équipes externes en provenance du « pays vert et bleu";
8.   L’action maritime de « bleu » est prévue et les frontières avec « vert » aux endroits déterminés sont libres de passage.
 
LISTES DES TÂCHES DÉJÀ RÉALISÉES
 
A) Des rencontres avec des étudiants, des professeurs et recteurs d’universités privées ont permis d’en arriver à un accord pour qu’ils s’incorporent organiquement aux initiatives de la CIA avec pour objectif l’expulsion de Chavez. Le groupe Bandera roja a été l’un de ceux qui a appuyé le plus l’action directe de rue contre les institutions : CNE, LE TRIBUNAL SUPRÊME DE JUSTICE et LE PALAIS MIRAFLORES.
 
B) Un des objectifs de l’Opération Tenaza est de contrôler, dans un lap de temps de 72 à 120 et avec l’appui massif des citoyens mécontents, une partie du territoire ou des institutions de manière à permettre l’intervention militaire et sa proclamation d’autorité. L’auteur précise que tous les secteurs ne participent pas à cette opération. Il est donc nécessaire de travailler à forger une plus grande unité. La découverte d’un commando et de l’arsenal militaire à leur disposition en a ébranlé plusieurs.
 
C) Les meilleurs succès ont été obtenus dans le secteur de la propagande et des opérations psychologiques prévues au Plan en cours. Les apports des réseaux privés nationaux, de la Société interaméricaine de presse (SIP) et des agences internationales ont été déterminants. Enfin il importe de préciser, dit l’auteur du MEMO, que des 8 M$ qui ont été transférées, il n’en reste que très peu, la grande partie ayant été utilisée pour la propagande, la publicité et pour quelques unes des organisations de couverture.
 
 
Oscar fortin
 
Québec, le 28 novembre 2007
 
 
 
 

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