NAISSANCE D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL

Publié le par Fortin

 

Il  n’est pas évident de parler de la naissance d’un monde nouveau, de l’avènement d’une humanité transformée alors que les guerres sont toujours plus meurtrières  et que  les famines, les tremblements de terre,  les inondations, les ouragans sont toujours plus nombreux et dévastateurs. Ne sommes-nous pas davantage témoins de la fin d’un monde, de sa destruction, de son anéantissement que de la naissance d’un monde nouveau?

 SOCIÉTÉ ET PLANÈTE TERRE EN EXTINCTION

 L’humanité à laquelle nous appartenons et à laquelle nous participons n’est-elle pas plus près de la mort que de la vie ? Les épidémies qui s’étendent de plus en plus à la grandeur de la planète sont déjà agissantes, portant en elles la puissance destructrice contre laquelle grands et petits ne sauront résister. Si des efforts sont faits pour contrer ces maux par la mise au point de vaccins et par des mesures préventives, force est de constater que les nantis de la terre dont nous sommes, les classes moyennes et privilégiées des sociétés de consommation, n’en continuent pas moins à détruire l’environnement et à favoriser de tels déséquilibres. Les systèmes de production ne sont-ils pas toujours aussi polluants et la consommation n’est-elle pas toujours aussi énergivore ?  Ne vivons-nous pas dans une bulle où  l’oxygène se fait de plus en plus rare, provoquant ainsi notre propre anéantissement ?

 

 Que dire maintenant de l’organisation sociale, économique et politique de nos sociétés ? Ne nous donne-t-elle pas un portrait tout aussi déshumanisant ? La prédominance des trois grandes forces que sont l’AVOIR, le POUVOIR, le PARAÎTRE ne continue-t-elle pas de fonder la structure même de cette organisation ?

 Le monde dans lequel nous vivons n’est-il pas polarisé par une course illimitée à la consommation, sans égard aux effets pervers de cette dernière dans les relations des personnes et des collectivités ?  Les valeurs de justice ne se ramènent-elles pas trop souvent  à celles qui  assurent « notre » confort, « notre » paix et « notre » sécurité, peu importe le prix exigé des autres ? Cet attrait extraordinaire de la possession, de l’AVOIR, ne donne-t-il pas lieu à toutes sortes d’excentricités dans la consommation, de combines financières allant de la finesse du spéculateur jusqu’aux arnaques les plus criminelles de multinationales peu scrupuleuses ?

 N’en va-t-il pas de même pour le POUVOIR qui assure aux maîtres de nos sociétés le privilège de tirer les ficelles leur permettant de gérer et d’organiser le monde de manière à ce qu’il serve bien leurs intérêts ? Ce POUVOIR sait se présenter sous les traits les plus divers selon les sociétés et les cultures. Il sera capable de grandes vertus tout autant que d’atrocités les plus barbares. Il se fera tantôt le défenseur des démocraties qui le serviront, un autre tantôt le promoteur de dictatures qui le protègeront. Il sera capable d’alliances avec les dieux ou les églises qui le béniront. Ce POUVOIR est placé par les États, sous la protection « de la sécurité nationale » et  par les particuliers, sous celle de la « libre entreprise » ou encore « des droits acquis ». Toute tentative visant à en modifier les bases est combattue par tous les moyens et sans aucune réserve.

Une telle société fondée sur l’avoir et le pouvoir sans le PARAÎTRE ne pourrait pas survivre longtemps. Ce dernier est comme  « l’habit » qui en assure la présentation et lui donne tout l’apparat d’humanité civilisée. Ainsi, pour que tout soit bien rôdé et que les vertus soient perçues et reconnues par tous, quoi de mieux que de créer des personnages qui seront définis non seulement dans leurs fonctions et pouvoirs, mais également dans leurs vertus et privilèges. Il y a des rois, des papes, des Présidents, des ministres, des notables, des ouvriers, des héros et des saints. Chacun y joue son rôle et y occupe une fonction.  Toute nouveauté de nature à remettre en question l’ordre de ce PARAÎTRE sera vite écartée.

JÉSUS DE NAZARETH ET LA FIN DES TEMPS  

 C’est dans l’Évangile selon Mathieu (Mt. 24) que Jésus, prophète pour les uns et fils de Dieu pour les autres, s’exprime le plus amplement sur cette question qui hantait les communautés juives de l’époque, toujours dans l’attente d’un Messie. Ce récit fait suite à sa sortie virulente contre les pharisiens. Ce dernier y démasque l’hypocrisie des personnages qui trompent et mettent sur le dos des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent porter eux-mêmes. Il y dénonce l’usage qu’ils font de leur pouvoir ainsi que leur attachement à l’avoir. « Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : « Si l’on jure par le sanctuaire, cela ne compte pas ; mais si l’on jure par l’or du sanctuaire, on est tenu. » (Mt. 23,16) Cette sortie de Jésus s’adresse non seulement aux pharisiens de son époque mais à tous ceux et celles qui fondent leur vie et leurs relations avec les autres sur l’AVOIR, le POUVOIR, le PARAÎTRE. « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, vous qui ressemblez à des sépulcres blanchis : Au dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d’ossements de morts et d’impuretés de toutes sortes. Ainsi de vous, au dehors vous offrez aux hommes l’apparence de justes, alors qu’au dedans vous êtes remplis d’hypocrisie et d’iniquités. » (Mt. 23,27)

 

 « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et vous n’avez pas voulu ! Eh bien elle va vous être laissée déserte votre maison. » (Mt. 23,37)

 « Vous allez entendre parler de guerre et de rumeurs de guerre…il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin. Car on se dressera nation contre nation et royaume contre royaume; il y aura en divers endroits des famines et des tremblements de terre. ET TOUT CELA SERA LE COMMENCEMENT DES DOULEURS DE L’ENFANTEMENT. Alors on vous livrera à la détresse, on vous tuera, vous serez haïs…Par suite de l’iniquité croissante, l’amour se refroidira dans la multitude; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.  Cette Bonne nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier. » (Mt. 24,7…)

 LA NAISSANCE DE L’HOMME NOUVEAU  

Il n’y a pas de doute que nous vivons à une époque où se manifestent à une échelle planétaire les signes des temps.  Les « maîtres » du monde s’acharnent à transposer à l’échelle de la planète le système de domination et de contrôle des économies et des personnes. La mondialisation dont ils se font les apôtres et les démocraties dont ils se font les promoteurs répondent d’abord et en tout premier lieu à cette préoccupation de domination et de contrôle. Les institutions multilatérales comme les Nations Unies, la Banque mondiale et les autres organismes qui leur sont rattachés demeurent soumis à leur pouvoir. Pas question d’en faire des organismes démocratiques au sens précis du terme. Il en va de même avec le Vatican qui garde le contrôle des églises, de la doctrine et de la foi. Il fait d’ailleurs bon ménage avec les grands et les puissants et s’accommode de l’ordre mondial qui en assure sa pérennité. S’il se permet quelques déclarations discordantes, elles ne vont jamais jusqu’à remettre en question la structure même de ce pouvoir.

 

 Mais voilà que le développement de la conscience et de la solidarité au niveau planétaire permet maintenant de mieux comprendre les mécanismes sur les bases desquels repose l’ordre mondial actuel et donne les outils pouvant en modifier la structure. Des prophètes élèvent la voix pour rappeler les impératifs de justice et de vérité, des savants en expliquent les avenants et aboutissants, des sages en expriment le bien fondé. « Voici que moi, j’envoie vers vous des prophètes, des sages et des scribes. Vous en tuerez et mettrez en croix, vous en flagellerez dans vos synagogues et vous les pourchasserez de ville en ville, pour que retombe sur vous tout le sang des justes répandu sur la terre… » (Mt.23, 34-36) Ce qui est vrai pour le temps de Jésus de Nazareth l’est tout autant pour les temps que nous vivons. Que l’on pense aux persécutés des régimes militaires des pays de l’Amérique latine et d’Afrique, aux professeurs d’université assassinés, aux prophètes arrêtés, torturés et tués. Ils viennent le plus souvent de tous les horizons, de tous les milieux sociaux, mais ils ont tous en commun d’avoir été saisis par la passion de la vérité et de la justice pour tous les humains.

 Il n’y a pas de doute que le vent tourne et que déjà pointe à l’horizon l’avènement d’un monde nouveau pris en charge par le Fils de l’homme. Comme le prophétisait déjà cette petite femme enceinte de Jésus de Nazareth : « Les orgueilleux seront rabaissés, les puissants jetés au bas de leurs trônes, les humbles seront élevés, les affamés comblés de biens et les riches renvoyés les mains vides. » (Lc. 1,51-53)  « Ce sera la demeure de Dieu avec les hommes…Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien aura disparu et fera toutes choses nouvelles. » (Apoc. 21,3-5) Ce sera un monde fait pour l’humanité toute entière. Toute personne de bonne volonté y trouvera accueil et chaleur humaine.

Croyants ou pas, nous assistons tous à la fin d’un monde qui n’aura finalement servi qu’une minorité d’humains et produits en abondance pauvreté, injustices, désolation, guerres, manipulation, mensonges et souffrances. Il n’y a pas de doute que le pouvoir de ceux qui en tirent les ficelles tire à sa fin. Les solidarités nouvelles qui se développent auront raison de la  résistance de ceux qui s’opposent à la naissance de cette humanité nouvelle. Déjà les cris de douleur de ceux et celles qui le portent annoncent l’enfantement de cet Homme nouveau.

 « Venez les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli; nu et vous m’avez vêtu ; en prison et vous êtes venus  à moi. » Mt. 25, 34-36)

 Oscar Fortin

 

Publié dans RELIGION

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oscar fortin 10/10/2006 09:44

J\\\'ajoute à ce texte ce passage que l\\\'on retrouvesous la plume de Paul, dans son Épitre aux Éphésiens, chapitre 4, versets 22-25 :
"Il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du viel homme qui se corrompt sous l\\\'effet des convoitises trompeuses; il vous faut être renouvelés par la transformation  spirituelle de votre intelligence et revêtir l\\\'homme nouveau créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité.
Vous voilà donc débarrassés du mensonge: que chacun dise la vérité....."