Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 15:24

NOTE : La problématique soulevée dans la lettre de Paul aux Galates et les réponses qu’il y apporte rejoignent une problématique qui se vit dans l’Église d’aujourd’hui, mais dont les réponses, cette fois-ci, se laissent toujours attendre. Sous la forme d’une lettre de Paul de Tarse à Benoît XVI, je reprends les principaux thèmes de cette lettre aux Galates ainsi que les conseils qui s’en dégagent pour la bonne gouverne de l’unique Évangile dont il se fait le grand défenseur.


Frère dans le Christ


La situation actuelle de l’Église, placée sous la juridiction d’une institution fortement hiérarchisée, me rappelle la situation que j’avais observée en Galatie et qui m’avait inspirée cette lettre écrite aux Galates dans les années 50 de notre ère. Je ne suis évidemment pas le seul à faire ce rapprochement. C’est le cas, entre autres, des auteurs de l’introduction à cette lettre aux Galates et dont je me permets d’en citer un extrait.


« L’Église est donc invitée à se demander si ses institutions ont pour but la formation d’une communauté dont l’unité s’enracine dans l’unique Évangile, d’une communauté que l’Esprit ouvre à tous et met au service de tous, d’une communauté de frères universels. Question toujours actuelle. Appel à une réforme toujours renouvelée par la puissance de l’Évangile, sans cesse redécouvert
. » (Traduction œcuménique de la Bible)


Comme tu le sais, ma lettre aux Galates se voulait une mise en évidence claire et sans équivoque de l’unique Évangile qui m’avait été révélée par Jésus-Christ. À peine avais-je reçu cette révélation qu’aussitôt, sans recourir à aucun conseil humain, ni monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie, puis je suis revenu à Damas. Ce n’est que trois ans plus tard que je me suis rendu à Jérusalem pour y faire la connaissance de Céphas, celui dont tu es le successeur, ainsi que Jacques, le frère du Seigneur. J’y suis resté quinze jours. Je n’y retournerai que quatorze ans plus tard en compagnie de Barnabas et de Tite pour y expliquer l’Évangile que je prêchais aux non juifs. À ce moment, il y avait toute cette question, pour les premières communautés chrétiennes, de l’importance ou non de la circoncision, des rites et coutumes propres à la pratique religieuse juive. L’observance de ces lois s’imposait come naturellement aux juifs et nombreux étaient ceux qui voulaient en faire également une obligation pour les non-juifs, convertis à l’Évangile que je leur prêchais. Je n’étais évidemment pas d’accord avec ces derniers. C’est dans ce contexte qu’il m’a fallu en débattre avec Céphas, d’abord à Jérusalem puis lors de son passage à Antioche.


 
À ce dernier endroit, je me suis opposé à lui ouvertement, car il s’était mis dans son tort. Avec les païens il mangeait ce qu’on lui offrait sans se soucier des lois juives, mais dès que des circoncis se présentaient, il se tenait alors à l’écart de crainte de ces derniers. Ce comportement faisait en sorte que les autres juifs, déjà présents, en faisaient tout autant. Même Barnabas fut entraîné dans leur duplicité. C’est alors que j’ai confondu Céphas devant tout le monde : Si toi qui est Juif, tu vis à la manière des païens et non à la juive, comment peux-tu contraindre les païens à se comporter en  Juifs? Nous savons que l’homme n’est pas justifié par la loi des pratiques religieuses, mais seulement par la foi en Jésus-Christ. Personne ne sera justifié par la loi des rites, des coutumes, des pratiques religieuses. Car si, par cette loi, on atteint la justice, c’est donc pour rien que le Christ est mort.


Estimé frère dans le Christ, l’unique Évangile n’est-il pas celui qui prend toute sa force dans le don de l’Esprit, reçu dans la foi? Celui qui dispense l’Esprit et opère des miracles, le fait-il donc en raison de la pratique de la loi ou parce qu’il a écouté le message de la foi? Les pratiquants de la loi sont tous sous le coup de la malédiction, puisqu’il est écrit : Maudit soit quiconque ne persévère pas dans l’accomplissement de tout ce qui est écrit dans le livre de la loi.  Or le Christ nous a libérés de la malédiction de cette loi en faisant de nous tous des fils adoptifs. « Dieu n’a-t-il pas envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba- Père ? Nous ne sommes plus esclaves de la loi, mais fils; et, comme fils, nous sommes aussi héritiers : c’est l’œuvre de Dieu. La foi fait de nous tous des enfants de la liberté et seule la foi agissant par l’amour est efficace.


La consigne de la foi dans l’unique Évangile consiste donc à ce que nous nous mettions tous au service des uns et des autres. Car la loi toute entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est dans cet esprit que j’écrivais aux Galates : « marchez sous l’impulsion de l’Esprit et vous n’accomplirez plus ce que la chair désire (…) et si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes plus soumis à la loi. Les fruits de l’Esprit sont : amour, joie, paix, bonté, bienveillance, foi, douceur, vérité, justice, maîtrise de soi; contre de telles choses, il n’y a pas de loi. Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit.


Je sais, frère, que tu t’interroges sur la capacité des croyants à discerner par eux-mêmes l’Esprit qui agit en eux. À cela je te répondrai qu’il faut croire en la diversité des dons de ce même Esprit et qu’il y aura toujours dans les communautés des « spirituels » qui sauront, dans un esprit de douceur, aider au discernement des uns et au redressement des torts des autres. Dans ma première lettre aux Corinthiens j’écrivais : « Quant aux prophéties, que deux ou trois prennent la parole et que les autres jugent. » (1Cor.14, 29) Dans ce dernier cas, les autres sont tous les participants à la communauté des croyants. Dans le mystère de l’Église, Corps du Christ, personne n’a le monopole de l’Esprit, mais tous et toutes y participent d’une façon ou d’une autre.


Frère, ce débat, aux toutes premières heures de la vie de l’Église, d’une part, sur la loi qui régit les cultes, les rites, les coutumes et, d’autre part, sur la foi qui est don de Dieu et porteuse de l’Esprit garde toute son actualité dans l’Église d’aujourd’hui. Les siècles ont accumulés des consignes, des rites, des cultes. Les fonctions institutionnelles se sont substituées aux dons de l’Esprit qui n’arrivent plus à s’exprimer dans ce cadre devenu hermétiquement contrôlé par l’autorité hiérarchique. Si Céphas eut été prisonnier d’une telle institution, il n’aurait jamais reconnu mon autorité d’apôtre du Christ, pas plus qu’il n’aurait accepté que je le confonde devant la communauté sur la question de la loi et de la foi. Tout en étant la « pierre sur laquelle le Christ bâtissait son Église » il n’était toutefois pas exempt d’erreurs et il avait parfois ses torts. Heureusement, à cette époque, cette charge n’était pas encore enfermée dans un concept d’autorité infaillible et d’institutions obnibulantes.


Au nom de l’Évangile, frère, ouvre les fenêtres de cette institution, tout autant  pour entendre la voix des prophètes, des docteurs, des évangélistes et de toutes ces personnes de bonne volonté qui sillonnent les Continents que pour voir le monde à travers le prisme de l’unique Évangile révélé en Jésus-Christ.  Si quelqu’un devait annoncer un Évangile différent qu’il soit anathème. » (Gal. 1 :8)


Tu sais, frère, que le Seigneur Jésus est toujours à l’œuvre dans le monde et que c’est Lui qui bâtit son Église. Il nous associe à cette tâche par les dons qu’il distribue à chacun et chacune, selon sa volonté. Nous ne sommes que d’humbles collaborateurs dont aucun ne peut se prévaloir, en exclusivité, de l’autorité du Christ. Pierre l’apprit à ses dépends et ce sera d’ailleurs avec les conseils qu’il donnait aux anciens que je terminerai. J’espère qu’ils sauront t’être d’une grande inspiration pour mener à bien ta mission au service de l’unique Évangile :


« Paissez le troupeau de Dieu qui vous est confié, non par contrainte, mais de bon gré, selon Dieu; non par cupidité, mais par dévouement. N’exercez pas un pouvoir autoritaire sur ceux qui vous sont échus en partage, mais devenez les modèles du troupeau. Dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité, car Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais aux humbles il accorde sa grâce
. » (1 Pierre 5 :1-5)


Ton frère dans le Christ Jésus


Paul


Selon Oscar Fortin


Québec, le 2 octobre 2009

http://humanisme.blogspot.com

Par oscar fortin - Publié dans : RELIGION
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Jeudi 1 octobre 2009 4 01 /10 /Oct /2009 15:52

Manuel Zelaya, candidat soutenu par le Parti libéral, est élu, le 27 novembre 2005, Président du Honduras avec plus de 50% des voix. Il prendra officiellement ses fonctions le 27 janvier 2006. Que s’est-il donc passé depuis cette prise du pouvoir et le Coup d’État militaire qui l’a sorti du pays le 28 juin 2009?  Des éléments d’explication sont relevés dans une étude réalisée par Cecilia Baeza et Nicanor Madueño   et dont je reprends ici de grands extraits.


« Pour la journaliste hondurienne Thelma Mejia (2006), « le pouvoir économique [est aux mains] de familles traditionnelles qui se sont rénovées et qui se sont accaparées des structures partisanes et des postes de décision au gouvernement
 ». Il faut pour compléter le tableau ajouter les médias, dans la mesure où ceux-ci, les plus grands titres de presse comme les principaux canaux de télévision, appartiennent à ces familles. Cette endogamie est remarquablement illustrée par la famille Facussé : Miguel Facussé est un industriel tegucigalpin et actuellement l'homme le plus fortuné du pays ; Carlos Flores Facussé, son neveu, a été Président de la République de 1998 à 2002 ; la famille Flores est fondatrice et propriétaire du journal El Heraldo, l'un des trois premiers titre de presse du pays.


Manuel Zelaya n'est pas issu d'un milieu très différent du reste de la classe politique hondurienne. Né en 1952 dans le département d'Olancho, une des régions les plus pauvres du centre-est du pays, il vient d'une famille de propriétaires terriens. Les Zelaya sont des notables: magistrats, hommes de lettres, politiciens... Ils participent activement et depuis plusieurs générations à la vie publique du pays et sont de tradition libérale. "Mel" s'engage dans les années 1970 au sein du Parti Libéral, et rallie comme son père la faction "rodiste" du parti (Modesto Rodas incarne l'opposition au pouvoir de l'Armée). Il entame alors une carrière politique sans jamais cependant délaisser  sa carrière d'entrepreneur agricole, dans le secteur de l'exploitation forestière. Il rentre d'ailleurs en 1987 dans le directoire du COHEP et préside l'Association Nationale des Entreprises de Transformation du Bois (ANETRAMA). Zelaya accède pour la première fois au gouvernement en 1993, sous le mandat de Carlos Roberto Reina, le leader de l'aile la plus progressiste du parti. Cette promotion est la suite logique de son implication dans les organisations patronales. Il dirige le Fonds Hondurien d'Investissement
Social et se fait remarquer pendant la gestion de l'après Ouragan Mitch. Il conserve son portefeuille dans le gouvernement de Carlos Flores Facussé (1998-2002). Ses ambitions vont alors croissant au sein du parti. Il crée sa propre tendance et cultive une image de cow-boy honnête et simple, lié à la terre et aimant les chevaux. C'est grâce à cette image qu'il gagne les élections internes de son parti et se présente en 2005 aux présidentielles, qu'il gagne face au très conservateur Porfirio Lobo Sosa.


Cette interpénétration des milieux politiques, économiques et médiatiques a considérablement verrouillé le champ politique hondurien qui ne s'est pas professionnalisé de façon autonome. Comme le regrette l'historien hondurien Jorge Alberto Amaya dans sa lettre ouverte, ce système s'est révélé très exclusif, dans un pays où 70% de la population vit dans la pauvreté. Ce sont précisément ces secteurs que Zelaya a tenté de convoquer à partir de 2008 dans un style populiste jusqu'alors inconnu dans le pays. Dès lors, rien d'étonnant selon nous à voir les milieux d'affaires peser de tout leur poids en faveur du coup de force contre Zelaya
. »


Les déclarations récentes du putschiste Michelletti au journaliste argentin du quotidien Clarin viennent confirmer cette version : « Il (Zelaya) a pris le chemin de la gauche, a transformé les gens en « communistes », ça nous a préoccupés. » Par cette déclaration, Michelletti confirme que la démocratie, la seule valable à leurs yeux, est celle sur laquelle la classe oligarchique (le « nous ») garde le plein contrôle. En somme, une démocratie faite sur mesure pour les oligarchies et qui n’a rien à voir avec cette définition qu’en donne les dictionnaires : « régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même, soit directement ou par représentants interposés. »


À la lumière de ce qui se passe au Honduras, faut-il comprendre que la démocratie représentative, assumée par les partis politiques et contrôlée par les oligarchies, a cessé depuis longtemps d’être représentative de la volonté du peuple et du fait même d’être une « véritable démocratie »? Il s’agit en fait d’un régime politique qui permet aux oligarchies d’exercer leur pleine souveraineté sur le peuple ». L’opposition de ces dernières à tout projet de « démocratie participative » et à toute « constituante » voulue et votée par le peuple, s’expliquerait par cette perte du pouvoir qui leur permet actuellement de tout contrôler.


La suite de l’histoire nous dira bientôt si le peuple parviendra à reprendre le contrôle de son système politique, économique, judiciaire et social. Les élections annoncées et organisées par les putschistes ne sauraient en aucune façon permettre cette reprise du pouvoir par le peuple. Seuls, le retour du Président constitutionnel et la mise en place d’un espace de liberté social, permettront la tenue d’élections libres.

 

Oscar Fortin

Québec, le 1ier octobre 2009

http://humanisme.blogspot.com

Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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