Dimanche 1 mars 2009

 

 

 

C’est d’un lit d’hôpital que j’ai suivi avec émotion l’assermentation de Barak Obama, 44ième président des États-Unis, et que j’ai écouté avec grande attention le discours qu’il a alors prononcé. Je fus particulièrement ému lorsqu’il a affirmé que le chemin le plus sûr vers le bien commun était celui  des idéaux qui placent l’État de droit et les droits de l’homme au dessus de toutes les autres considérations

« Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous ne les aband onnerons pas par opportunisme.
Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus. »

Par ces mots, le nouveau Président indique sa volonté de tourner cette page sombre de l’histoire des États-Unis où la « politique de la sécurité nationale » a servi, trop souvent, à justifier un interventionnisme opportuniste et, plus que tout, à défier, dans nombre de cas, les droits les plus fondamentaux des peuples et des personnes. Il s’agit là d’un changement radical dans l’approche des relations des États-Unis avec le monde : ce ne sera plus par les armes, le chantage, la manipulation et le mensonge que les États-Unis s’imposera au monde, mais par la flamme vivante des idéaux, inscrits dans sa Constitution et le droit international, qu’il en deviendra un leader et un guide.


«… 
notre sécurité émane de la justesse de notre cause, notre force de notre exemple, des qualités tempérantes de l’humilité et de la retenue. »


Comment ne pas trouver une fraîcheur et une grande espérance dans ces propos qui rejoignent le cœur et l’esprit des personnes et des peuples de partout à travers le monde? Je pensais particulièrement à ces nombreux pays de l’Amérique latine (Bolivie, Paraguay, Brésil, Argentine, Équateur, Venezuela, Cuba entre autres) dont les peuples et les dirigeants œuvrent au service de ce « bien commun » qui vise à redonner respect et dignité à toutes les personnes sans oublier les pauvres, les marginalisés, les malades, les analphabètes… . «Toujours nous défendrons les intérêts du peuple, spécialement des plus pauvres, des étudiants, des indigènes, de la jeunesse, des agriculteurs et petits producteurs. » (Hugo Chavez, 28 février 2009)


Quel soulagement pour ces derniers de savoir qu’ils pourront compter dorénavant sur cette nouvelle Administration qui promet d’agir, non plus de manière « opportuniste » et « impériale », mais avec humilité et dans le plus grand respect du droit des peuples et des personnes! 

 
«(…), cette crise nous rappelle que sans un œil attentif, le marché peut devenir incontrôlable et qu’une nation ne peut prospérer longtemps, si elle ne favorise que les nantis. » (
B.OBAMA)

« (…) des considérations de justice et d'équité dicteront parfois aux responsables de l'État une sollicitude particulière pour les membres les plus faibles du corps social, moins armés pour la défense de leurs droits et de leurs intérêts légitimes. » (Jean XXIII, PAIX SUR TERRE, 41) 

 

 VOULOIR ET/OU POUVOIR 


Certains, sans mettre en doute la sincérité et la volonté réelle du nouveau Président, doutent que l’environnement des multiples intérêts, menacés par ce changement de cap, ne lui laisse guère le choix. À vous d’en juger.



Noam Chomsky,  linguiste, philosophe et militant politique de renom, défend l’idée qu’il n’y aura pas de changement avec Obama. Une entrevue avec Press TV.



 

 

 

Adolfo Perez Esquivel, Prix Nobel de la paix 1980. Lettre adressée au Président Obama.


 

 

Oscar Fortin

Québec, 1ier mars 2009

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Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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Mardi 6 janvier 2009

L’invasion de Gaza par les forces sionistes d’Israël soulève la colère du monde civilisé et libre. Ceux et celles qui s’y complaisent ne peuvent appartenir à ce monde, même s’ils sont les premiers à s’en revêtir. Le VATICAN, par la voix de son porte parole officiel, a eu le courage d’une prise de position indépendante et libre des influences sionistes.

« L'acharnement d'Israël à Gaza a renf orcé la répugnance ‎mondiale envers ce régime », a annoncé, samedi soir, le porte-‎parole du Vatican, Monseigneur Federico Lombardi, à ‎l'antenne de Radio Vatican. « Les crimes commis par les sionistes ne font qu'augmenter la répugnance mondiale envers les Israéliens et réduire l'espoir en la paix », a constaté le ‎porte-parole du Vatican, qui s'est dit surpris par l'ampleur des raids, déplorant le bilan lourd de ces attaques sauvages. « Israël poursuivra les opérations manu militari contre le peuple palestinien », a-t-il prévu. (28/12/2008)


 

Comment ne pas apprécier cette prise de position qui ne laisse aucune ambigüité sur les principaux responsables de ce qui se passe actuellement en Palestine et tout particulièrement à Gaza?


Mais voilà que, Benoît XVI, en tant que chef de l’État du Vatican, s’est bien gardé de faire quelqu’allusion que ce soit à cette prise de position officielle. Évidemment que la couverture médiatique d’une déclaration faite par Radio Vatican n’a pas la même couverture médiatique que celle faite par le Pape sur la Place St-Pierre. Ses interventions, à ce jour, ménagent plutôt Israël et les sionistes.

 

«Je demande à la communauté internationale de faire son possible pour aider les Israéliens et les Palestiniens à sortir de cette voie sans issue et de ne pas se résigner, comme je le disais il y a deux jours dans le message urbi et orbi, à la logique perverse de la confrontation et de la violence, mais de privilégier le chemin du dialogue et des négociations ».

 

Comme on peut le constater, il s’est bien gardé de prendre à son compte la position officielle du Vatican, exprimée par Monseigneur Federico Lombardi. Pourtant, la Maison Blanche, dans ses déclarations, assume ses prises de position officielles et les répète à chacune de ses conférences de presse : Gaza est responsable de ce qui arrive et Israël est en droit d’assurer sa sécurité. Il en va de même pour le Gouvernement canadien qui ne manque pas une occasion pour transférer sur les palestiniens la responsabilité de ce qui se passe à Gaza. Quant à Benoît XVI, il n’arrive pas à assumer la position de l’État du Vatican : « Les crimes commis par les sionistes ne font qu'augmenter la répugnance mondiale envers les Israéliens et réduire l'espoir en la paix. » Il choisit plutôt une sorte de neutralité qui ne sert finalement personne. C’est comme si le courage qui caractérise le prophète n’y était pas.

 

Récemment, il y a eu un synode à Rome portant justement sur la Parole de Dieu. Une Parole que l’on retrouve dans les Écritures et de façon particulière chez les prophètes. Il leur en fallait du courage pour transmettre aux rois, aux puissants et aux grands prêtres de leur temps le message de Dieu. Benoît XVI, pourrait-il, par exemple, prendre à son compte ces paroles du prophète Isaïe et avoir le courage de les adresser aux sionistes d’aujourd’hui qui ne cessent de gruger le territoire palestinien et d’en réduire la population ?


Malheur à ceux qui
ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace, et qu'ils habitent seuls au milieu du pays ! Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume; Qui justifient le coupable pour un présent, Et enlèvent aux innocents leurs droits ! Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes, pour refuser justice aux pauvres, et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple, pour faire des veuves leur proie, et des orphelins leur butin ! (Is.5-10)   

 



Je sais que Benoît XVI est parfois capable d’appeler par leurs noms ceux qu’il condamne. Lorsqu’il s’agit des « terroristes », de ceux-là mêmes qui sont désignés comme tels par la Maison blanche, il les invite à déposer les armes et à se convertir en artisans de paix. À défaut de quoi, il sera légitime qu’ils soient combattus. C’est actuellement le cas pour les talibans en Afghanistan.


En tant que chrétien et membre de l’institution ecclésiale j’ai parfois honte des alliances qui privent Benoît XVI de cette liberté du prophète. C’est toute la catholicité, dans son sens universel, qui en souffre.

 

Oscar Fortin, théologien et politologue

Québec, le 5 janvier 2009

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Par oscar fortin - Publié dans : POLITIQUE
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