Ce n’est pas d’aujourd’hui que le dieu qui « existe » tout comme celui qui « n’existe probablement pas » interpellent hommes et femmes de toute provenance et de tous les milieux. Paul de Tarse, au tout début de l’ère chrétienne, parcourant les rues d’Athènes, vit de nombreux monuments sacrés dont l’un dédié au « dieu inconnu ».
« Athéniens, je vous considère à tous égards comme des hommes presque trop religieux. Quand je parcours vos rues mon regard se porte en effet souvent sur vos monuments sacrés et j’ai découvert entre autres un autel qui portait cette inscription : « Au dieu inconnu ». (Act. 17,22-23)
Aujourd’hui, ce sont les églises et les messages laissés par chacune d’elles dans le sillage de leur foi, qui témoignent de cette religiosité. Certaines ont leurs émissions de télévision et de radio, d’autres leurs missionnaires aux coins des rues distribuant leurs dépliants. Chacune présente son dieu et ses prophètes qui en témoignent. À les entendre, leurs recettes de vie doivent apporter à toutes et tous, « bonheur » et « paix ».
À Montréal, une nouvelle religion vient de naître. Elle s’annonce actuellement sur les autobus sillonnant les rues de la Métropole. Elle informe le « monde » que « dieu n’existe probablement pas, alors cessez de vous inquiéter et profitez de la vie ». Ses prophètes ne nous disent toutefois pas d’où leur vient cette « révélation » que dieu « n’existe probablement pas » et que le chemin du bonheur et de la paix est de profiter de la vie en ne se préoccupant de rien d’autre.
Je ne sais l’effet qu’aura ce nouveau message sur les clochards, les handicapés, les malades, les personnes âgées, les chômeurs, les amours brisés, les travailleurs et travailleuses dans les hôpitaux, dans les services publics et sur tous les autres qui arrivent à peine à boucler leur budget. Si tous ces gens arrivaient, par miracle, à se libérer de leurs inquiétudes, les psychologues, les psychiatres, les psychanalystes trouveraient alors le temps long. Par contre, quant à profiter pleinement de la vie, je vois mal l’handicapé se mettre à danser dans la rue et le clochard à monter à bord d’un 747 pour aller dans les îles exotiques des Antilles. D’ailleurs ceux et celles qui on les moyens de le faire n’y trouvent pas toujours le bonheur escompté. Serait-ce que le bonheur promis ne peut être accessible qu’aux gens riches, en santé, et sans problème?
Pour que le message soit vraiment sans équivoque et rationnellement cohérent, je recommande à ses auteurs de le formuler ainsi : « Dieu n’existe probablement pas. Alors cessez probablement de vous inquiéter et profitez probablement de la vie ».
Le message de Paul de Tarse, quant à lui, serait sans doute le même aujourd’hui que celui transmis aux athéniens : « Jésus de Nazareth, ressuscité d’entre les morts, est l’homme choisi par Dieu pour juger le monde avec justice ». C’est ce même Jésus qui disait à ceux qui ne croyaient pas en lui, « croyez à tout le moins dans les œuvres que je fais » (Jn.14, 11). Que les dieux se mettent donc à l’épreuve dans les œuvres de justice, de vérité, de vie et de paix.
Oscar Fortin
Québec, le 8 mars 2009
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naissances que nous apporte la science de la psychologie, de la psychanalyse et de la psychiatrie. Ainsi, nous découvrons que la volonté des personnes doit parfois
composer avec les interférences chimiques qui affectent directement le cerveau, rendant ainsi le niveau de responsabilité sur certains comportements beaucoup plus complexes. Que dire maintenant
de tous ces conditionnements héréditaires qui échappent à la conscience tout en conditionnant les attitudes et comportements des personnes qui peuvent à leur tour blesser. Enfin, qui n’a pas
expérimenté l’emprise qu’ont les préjugés, les « qu’en dira-t-on », les ressentiments, les suppositions qui déforment les perceptions et la juste appréciation des autres ? À tout cela,
il faut évidemment ajouter l’image que nous nous faisons de notre « moi », ce moi dont les qualités le placent quelque peu au dessus des
autres.
Je pense que la véritable porte de sortie de
cette bulle d’incompréhension se trouve d’abord et avant tout du côté d’une